Dans les temps immémoriaux
étaient les faéries : les Dieux dans une débauche de création voulurent égaler
leur propre créateur, Furrinus1.
Les terres d'Odyssée semblaient à cette époque ne pas suivre de règles : les
eaux s'écoulaient selon une volonté qui paraissait leur être propre, les constellations
étaient l'échiquier gigantesque des dieux qui en mouvaient les pièces à leur
guise, les nuages illuminaient de tableaux animés le ciel odysséen. Les quelques
tribus humaines qui vécurent à cette époque de magie n'ont pas laissé de trace
de leur passage sur nos terres parmi les gobelins, les elfes, les nains, ogres
et orques, les trolls, nymphes et naïades2.
C'est pourtant à cette époque que les sages estiment que les premiers Brumois
vinrent s'installer dans les collines giboyeuses. Ils vivaient alors dans les
bois qui couvraient ces terres. Les querelles entre Faéries, soigneusement orchestrées
par les Dieux, rendaient l'existence des hommes précaires car nul déité ne voulait
de cette race : Pourquoi vouloir leur chair tendre quand les trolls ont une
peau de pierre ? Pourquoi vouloir leur mains quand les nains ouvragent les plus
beaux objets ? Pourquoi vouloir leur esprit grossier alors que celui des elfes
transpirent la magie ? Seuls les Hobbits, peuple paisible, échangèrent avec
les hommes.
Du sein des hommes se leva pourtant un chef qui rallia les tribus en un peuple
et défia les faéries et leur divin protecteur. Après avoir mis en déroute quelques
bandes venues chasser ce tendre gibier, l'armée des hommes établit son camp
autour du pic rocheux planté au centre de leur territoire. Du rocheux, considéré
comme "magique" par les tribus, Orhlahir3
parla aux troupes
venues chercher la mort lors d'un combat trop inégal contre les faéries. Ceux
qui étaient venu avec l'esprit de la défaite virent l'aube avec au cœur un émotion
qui n'existait alors pas sur Odyssée : l'espoir ! La magie emplit les lieux
et une brume enchanteresse se leva sur la clairière qui devait devenir "le champ
de la Bataille des Brumes".
Armé de leur découverte, les hommes se battirent comme avec une lueur au cœur,
lueur qui effraya les soldats des dieux. L'espoir d'un monde meilleur fit vaciller
la réalité des dieux et le Créateur en fut lui même touché : il délaissa ses
activités pour savoir quelle partie de sa création avait réussi à toucher le
tissu de la réalité. Quand il vit là une espèce dont il ne donné pas la moindre
chance, il interrompit la bataille, séparant les troupes par l'enchantement.
S'adressant à l'inconscient des combattants, il décréta les terres de Brume
humaines. Nulle autre armée ne vint alors dans les anciens temps sur les terres
de Brume, car le message presque inaudible de Furrinus continuait à se jouer
dans les cerveaux odysséens...
Galvyn de Monx, le célèbre scribe des ages sombres, écrivit sur le rocher de BrumeVent
"A proximité du petit village de BrumeVent se trouve une large proéminence rocheuse sur laquelle un castel se tiendra bientôt. Mandé par son créateur Orhlahir, je devais en décrire les terres qu'ils venaient de conquérir. Quelle ne fût pas ma surprise en voyant, au centre des fondations du Castel, un couloir creusé dans les roches par des mains inconnus. Les irrégularités de cette grotte semblaient organiques et la brume épaisse qui l'envahissait semblait venir et refluer au rythme régulier de la respiration de la terre. Devant la magie manifeste qui emplissait les lieux, Orhlahir décida d'entrer dans la grotte, interrompant les travaux pendant son absence. 7 jours et 7 nuits s'écoulèrent durant lesquelles la brume devint si épaisse qu'hommes et bêtes se perdaient dans leur propre village. Le lever du soleil au septième jour vint avec une grande nouvelle : Orhlahir était ressorti et à coté de l'entrée de la grotte se trouvait maintenant un édifice de la même pierre que le rocher. L'homme dit : "Furrinus veille sur ces lieux, et je m'en fais dès maintenant son serviteur".
C'est depuis ces temps que le Comté de BrumeVent sont une terre de paix...
Ecrit par
Aegypius, Sénéchal du Castel Brumeux
Citation de Galvyn de Monx dans "Historii Brumae Ventis"
3 Orlhahir est le fondateur de la dynastie des comtes de BrumeVent.