[MÉMOIRES] Insurrection à Balamoun

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Dil'inthar
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[MÉMOIRES] Insurrection à Balamoun

Messagepar Dil'inthar » 05 nov. 2016, 12:17

Le parchemin est décrépit et seules quelques pages sont encore lisibles.

Insurrection à Balamoun

Chapitre IV, tome 23, tiré de Chroniques d'un Archer Mage par Dil'inthar, fils de Ro'inthar



Le vent soufflait puissamment entre les allées dégingandées menant à la Cité Sacrée. Plus je m'approchais de l'entrée et plus les casbahs étaient entretenues et ordonnées. Rien d'exceptionnel cependant, et rien qui ne puisse me faire oublier l'odeur nauséabonde du Caravansérail et de la Guilde des Marchands. A mes yeux, cette cité était une bévue. Seuls des humains pouvaient avoir eu l'idée de bâtir une telle Citadelle au milieu d'un paysage si désolant. Je pensais que La Baie rassemblait la lie de ce qu'avait pu créer cette race, je me trompais. Dès mon arrivée en ville, j'étais resté stupéfait par ce que je découvrais. Aucun arbre... Mes compagnons et moi-même avions pu avoir un aperçu de ce qui nous attendait sur le chemin, mais tout de même, quel désespoir ! D'ailleurs, cette détresse se lisait sur la plupart des visages que j'observais. La vie ici devait être dure et il semblait que même les enfants étaient prêts à tout pour un morceau de pain. De tant à autre un sourire, mais ce n'était qu'un leurre pour les plus naïfs. De plus, passées les premières allées, nous avions compris que les elfes n'étaient pas forcément les bienvenues à Balamoun.

J'arrivais finalement devant les portes de la Cité Sacrée du Pharaon. Architecture massive, quelques statues imposantes plutôt curieuses et quelques palmiers, tout de même. Si le tout attestait indubitablement du pouvoir sacré des Pharaons, il souffrait la comparaison avec les palais dentelés de marbre de n'importe quelle cité elfique. Les allées pavées offraient somme toute une fraîcheur inattendue dans cette fournaise. J'étais accompagné par un Disciple de Phargonis, un humain qu'il m'avait déjà été donné de croiser à La Baie. Ancien soldat au service du Pharaon, il connaissait le chemin mieux que quiconque à ma grande satisfaction. Manifestement le soleil ne l'avait pas totalement asséché et, avec discernement, il avait jugé préférable de rejoindre les Océans. Choix heureux. L'homme n'était pas totalement inintéressant et nous pûmes échanger quelques points de vue sur un passé elfique révolu qu'il ne serait pas convenable de reproduire dans ce présent récit.
C'est aussi lui qui me présenta au Pharaon, Thanatos. Le personnage ne manquait pas de charisme, il est vrai, malgré les années qui semblaient s’amasser comme autant de pierres sur son dos. D'ailleurs c'était un miracle qu'il puisse encore tenir debout. Il discutait avec une petite fille de commune naissance. Je me présentai à lui avec tous les égards dus à son rang. Je tirai ma révérence et mon regard s'abaissa. Je pus ainsi juger pendant quelques secondes de la propreté du sol. Une fois les présentations effectuées, ce qui suivit ne sembla pas pour autant faire partie des coutumes locales de réception diplomatique.


Des gardes royaux, qui nous avaient précédemment fait entrer, nous encerclèrent prestement. Aux regards mauvais et déterminés qu'ils nous adressèrent, nous pouvions douter qu'ils venaient simplement réclamer leurs soldes impayées. En réalité, nous étions aux premières loges d'une insurrection, qui avait comme but principal la mort du Pharaon, rien de moins. Les rebelles déterminés nous exposèrent brièvement leur plan de maquiller le meurtre de Thanatos par l'un de nous, portant ainsi l’opprobre sur la Forêt et l'Océan. Si ce stratagème présentait quelques astuces à leurs yeux, s'était sans compter l'absence de coopération de notre part.
Ils mirent tout de même leur dessein à exécution, tirant une première salve de flèches en notre direction. Pris par surprise, les traits sifflèrent entre nous comme un piège se refermant. Heureusement, la précision ne semblait pas faire partie de leur jargon. Une des flèches transperça ma pèlerine, mais me laissa tout loisir de récupérer mon arc, que j’armai avec la plus grande célérité. Le disciple de Phargonis fit de même et s'affubla d'une fronde. Un autre de ses compagnons, un homme-lézard des plus laids, tenta de protéger un petit être poupon infirme qu'il tenait entre ses mains. Quant au Pharaon, une des flèches le blessa grièvement à l'épaule.

Encerclés et en infériorité numérique, nous nous devions de dénicher un passage jusqu'aux colonnades entourant la cour principale, sous peine de trouver une mort certaine. Entretemps les gardes mutins avaient à nouveau bandés leurs arcs et décochèrent d'autres flèches. Alerte, je réussis à éviter la première d'une cabriole et la deuxième d'une glissade. Je me retrouvai en face d'un troisième soldat qui tenta de m'achever. Bien mal lui en prit. Il n'eut pas le temps de lever son sabre courbé, que je lui plantai à mains nues la pointe de ma flèche dans le défaut de son armure. Il s'écroula alors, accompagné d'un gémissement sourd. En me retournant, je pus noter que les rebelles avaient toutes les peines du monde à venir à bout des mes compagnons d'infortune. L'humain se défendait honorablement et l'homme-lézard profitait de son épaisse peau pour dévier les flèches assassines.
D'un bond, je me propulsai dans les airs et rendis aux insurgés la monnaie de leur pièce. Mes flèches suivirent les rayons du soleil et frappèrent leurs cibles telles des ombres foudroyantes. Cependant en retombant, je sentis une douleur aiguë dans mon flanc droit. Une flèche traitre m'avait touché et du sang perlait désormais le long de mon surcot. Il nous était impératif de briser le cercle des gardes. C'est à cet instant que l'homme-lézard balaya le sol de sa queue et déstabilisa plusieurs rebelles, pour finalement les envoyer à terre. L'occasion était trop belle.

Le Disciple de Phargonis et moi-même nous chargeâmes du Pharaon et de la petite fille pour rejoindre au plus vite les colonnes. Pressant le pas, nous pouvions sentir les flèches ennemies lécher nos vêtements. Après une folle course, nous réussîmes finalement à nous abriter derrière les hauts cylindres de pierre. Le dos plaqué contre la roche, je m'aperçus que ma pèlerine ressemblait désormais à de simples guenilles, tant elle était trouée. Une fois le Pharaon et la fillette en sécurité, nous pûmes riposter aux tirs des mutins. Les rôles étaient dorénavant inversés, les assaillants se retrouvaient au centre de la cour à la merci de nos flèches. La colère dans leurs yeux avait cédé place à la peur. Ils résistèrent, obstinés, déversant une pluie de carreaux qui s'écrasèrent inlassablement contre nos colonnes. Lorsque je sentis le moment propice, je m'écartai de ma cachette et ajustai l'un des rebelles, avant que les autres ne puissent répliquer. J'en touchai un au bas-ventre et un autre en pleine course. Les rebelles perdaient l'avantage et ils le savaient. La panique s'empara définitivement d'eux, lorsque le chef de la garde encore loyale arriva avec des renforts. Disciplinés, ils mirent rapidement fin aux velléités des derniers mutins, qui embrassèrent le sol dorénavant couvert de leur propre sang.


Je pouvais enfin me laisser glisser le long de la colonne pour finalement rencontrer le sol glabre. Ma respiration était saccadée et le sang s'échappait encore de ma blessure, lorsque je laissai échapper un soupir de soulagement. Nous étions tous en vie. Certains plus que d'autres toutefois. Le Pharaon semblait avoir vieilli de plusieurs dizaine d'années, malgré le fait que sa blessure ne soit que superficielle. Ses petits yeux étaient encerclés de cernes s'étendant le long de ses joues creuses et une expression las s'échappait de sa bouche sèche. Rapidement des soigneurs accoururent à ses cotés sous les ordre du Grand Vizir et le transportèrent en lieu sûr. L'air brûlant de Balamoun reprit ses droits dans la cour, séchant le sang sur les dalles, témoignage de l'âpre combat. Je me relevais avec grande peine, mes yeux éblouis par ce satané soleil, qui lui ne faiblissait pas.
Je compris après coup que l'insurrection avait gagné plusieurs quartiers de la cité. Les gardes loyaux du Pharaon la matèrent non sans de nombreuses pertes, ramenant un semblant de tranquillité en ville.
Néanmoins je restais persuadé que même si le Pharaon n'était pas mort et que les armes s'étaient tues, la colère se répandait toujours dans les rues de Balamoun. Je n'eus pas le plaisir de vérifier mes pensées. Déjà la route que je devais emprunter, moi et les autres Archers Mages, nous amenait hors de cette cité décidément fort peu accueillante. Oui, j'étais soulagé de quitter Balamoun pour poursuivre notre quête. Cette cité avait presque été mon tombeau à ciel ouvert et je me convainquais que les grands espaces, même désertiques, seraient sous de meilleurs auspices. Je ne savais pas encore que je me trompais lourdement. Nous étions en effet encore loin d'imaginer ce que nous allions découvrir dans le désert...


voir La tempête du désert, Chapitre V, tome 23

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