La libération de Balamoun

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Dil'inthar
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Re: La libération de Balamoun

Messagepar Dil'inthar » 20 janv. 2020, 23:13

IV. La Muraille

En face de nous se dressaient désormais les remparts de la Cité Sacrée, mais le pont pour y accéder était au fond du fleuve qu’il enjambait fièrement auparavant. Nous devions nous y rendre pour protéger le cœur même de Balamoun, car il était certain que Baladhour désirerait plus que tout s’emparer de ce haut-lieu saint, fief du Dieu Hôrosis. Nous n’avions donc pas beaucoup d’alternative et escalader les murailles paraissait l’unique voie, avant que d’autres morts-vivants ne nous encerclent ici-bas.
Le Pharaon avait désigné mon groupe d’archers pour grimper en premier et prendre position sur les murailles de l’enceinte. Fallait-il encore accrocher une corde pour monter. En tant qu’Archer Mage, après tant d’années passées entre les branches de Corianthes, le vertige n’était qu’une vague notion à mes yeux et mon adresse me rendait un candidat idéal pour entamer la première montée.

La pirate me céda son grappin d’abordage pour que je m’emploie à l'envoyer par delà les créneaux. Je jaugeai le poids de l'engin et commençai alors à faire osciller le grappin avec toujours plus d'amplitude, jusqu'à ce que finalement il emmagasine assez d'énergie pour faire un tour complet. Tenant fermement la corde et le regard toujours fixe sur ma cible, je fis tourner de plus en plus vite la tête de métal. Lorsque je jugeai le moment propice, je laissai échapper le grappin qui initia son envol jusqu'aux créneaux de la muraille. Évidemment, le premier essai fut le bon. La honte d’un raté m’aurait été insoutenable de toute manière. Le doute avait néanmoins traversé mon esprit. Peut-être qu'à force de côtoyer tout ces humains, avais-je peur que leurs défaillances ne déteignent sur moi ?
La corde solidement arrimée, ne restait plus qu’à grimper jusque là-haut. J’enroulai solidement la corde autour de ma taille et je me lançai à l’assaut de la parois. Je survolai le fleuve en contre-bas jusqu’à ce que mes pieds ne viennent heurter la muraille de couleur ocre. La montée n’était pas aisée et les remparts d’une hauteur non négligeable. Au gré des pierres et des interstices, je jouai de balanciers et d’appuis pour finalement atteindre le sommet. Je puis me rendre compte pour la première fois, depuis cette position privilégiée, du Mal qui s’était répandu sur toute la Cité. Jadis prospère et vivante, Balamoun n’était plus qu’un vestige désert et fumant ici et là. Seule la charogne habillait de son voile aigre la cité des sables.

Pendant que j’observais ce panorama désolé, Théodoras fut le premier à me rejoindre sans heurt sur le chemin de garde. Si les suivants n’eurent pas trop de peine, ce ne fut pas le cas de tous naturellement. Un premier humain glissa durant la montée et alla se fracasser sur le sol poussiéreux telle une tarte à la crème hobbit. Le chanceux bougeait encore.
Depuis les remparts, je voyais bien qu’un certain tumulte agitait l’armée en contre-bas. Des morts-vivants en vue ? Les corneilles ? Les vindictes des Kaïnites ? Rien de cela, non. Quelques dames se dévêtaient ! Même de là-haut, mon excellente vue ne me trahissait point. Eithleen, s’était même effeuillée totalement pour enfiler une tenue plus étrennée pour la montée. Ce ne fut malheureusement pas suffisant. L’humaine certainement plus à l’aise entre les rayons des bibliothèques de la Baie s’écrasa au sol et se cassa un poignet, mais vu la chute la sentence fut encore légère. Il en fallut de peu pour qu’elle ne rejoigne son compagnon. Une autre mage offrit sa chair à la vue de tous, elle-aussi pour revêtir une tenue plus appropriée. Dasine ne manqua pas de se pavaner quelques instants, muse sensuelle face aux regards aguicheurs des guerriers, avant d’entreprendre une escalade indécise jusqu'au bout, mais couronnée de succès. Bref moment de volupté dans cette histoire tragique. Il est bon de se rappeler que nous sommes vivants parfois.
Malheureusement beaucoup étaient ceux qui échouaient à la montée. Même l’homme-chat du Fort chuta, chose que je n’imaginais pas. Il se brisa la patte, mais son heure n’était pas encore arrivée. Par contre, il avait certainement consommé l'une de ces nombreuses vies.
Grâce à une deuxième corde bienvenue, nous pûmes aider à faire monter le reste de l’armée avec plus de succès. L’un d’eux était Azaël Nihil. Nihil, ce nom sonnait à plusieurs dans cette armée et à moi-aussi. Le frère du demi-elfe avait une réputation qui le précédait, pas des plus positives pour la majeure partie. Cela me rappela la déconvenue que nous avions subie aux pieds de l’Arbre. La réputation ne faisait pas forcément l’homme, certes, mais beaucoup ne faisaient pas totalement confiance à Azaël. J’en faisais partie. Néanmoins, ces efforts durant les combats me donnaient torts. Il avait aussi participé au conseil de guerre avec le Pharaon. Il se destinait de plus à suivre les Mages du désert, il avait donc à cœur de libérer la Cité et ne feignait pas son travail. Baïkal l’avait convaincu de rejoindre l’armée pour sauver la ville. Le nain avait parcourut tout Odyssée une année durant pour former cette armée, tous y avait répondu, enfin presque.
Les Moines. Si quelques uns manquaient effectivement à l’appel de Pharaon, c’était bien eux. D’habitude si prompts à s’immiscer dans les affaires des autres, ces-derniers n’avaient pas jugé opportun d’envoyer de l’aide. Certainement que les problèmes liés à la magie étaient une quête plus noble à leurs yeux. A Pharaon d’apprécier le geste. Pour ma part, ne pas les avoir dans les pattes ne me dérangeait guère.

L’escalade continuait de plus belle. Ingénieusement, le barde La Mano, confectionna un petit tablier avec une roue de char, permettant de hisser les derniers blessés jusqu’au haut des murailles. Je me demande encore s’il ne le fit pas pour avoir simplement une scène sur laquelle se hisser.
Pendant que l’armée se recomposait lentement derrière l’enceinte millénaire, je partais avec le demi-elfe Ezeukyl vers les grandes portes du Couchant. La Cité Sacrée était déserte, aucune âme vivante ou même morte ne semblaient habiter ce lieu. Les hautes colonnes de grès finement décorées de l’allée des Sphinx étaient autant de gardiens silencieux et d’ombres immuables. Qu’en serait-il du culte d’Hôrosis si la Cité venait à disparaître ? J’ai toujours porté un regard inquiet sinon délétère sur la magie des morts, car elle allait évidemment à l’encontre de tout ce que je défendais et les événements me donnaient raison. Pharaon, les Embaumeurs, tous avaient laissé le mal s’enraciner dans le désert et jouer avec cette magie de l’au-delà pour réanimer des âmes à jamais tourmentées.
Et pourtant nous étions là des quatre coins d’Odyssée pour libérer la Cité. Seul un naïf pouvait penser que Kazim Baladhour ne s’arrêterait qu’aux portes du désert. Je ne voulais pas voir la Forêt tomber dans une telle abysse.

Nous arrivâmes devant les portes. Les lourds battants étaient clos et rien ne semblait pouvoir les mouvoir. Une brève expertise nous confirma que le mécanisme d’ouverture avait été saboté de l’intérieur. Nous n’avions aucune idée du responsable, même si j’en avais une petite idée.
Le temps de revenir parmi les rangs de l’armée, que nous fûmes tous pris de nouvelles visions cauchemardesques. La magie périssait un peu plus encore. Mes mains tremblaient devant tant d’impuissance. Évoquer d’hypothétiques raisons à ce mal était vain et de toute manière l’ennemi se rappelait à nous. Un bourdonnement se fit entendre au loin, puis des croassements. Une nuée de sombres corneilles survolaient le ciel dans notre direction. Ces éclaireurs annonçaient l’arrivée imminente de l’armée des morts. Rapidement, nous battions en retraite à l’intérieur du Palais royal, au moins pour être à l’abri de ces volatiles. Une course effrénée sous un nuage noir comme la tempête qu’il annonçait.

Dans le palais, nous fîmes finalement la rencontre de Charos. Le vieil architecte de Balamoun était resté seul gardien de la Cité Sacrée depuis l’arrivée du Vol Noir. C’est, comme je le pressentais, lui qui avait brisé les mécanismes de la porte du Couchant pour ralentir Baladhour. Serait-ce suffisant pour arrêter le Nécromancien, j’en doutais fort.
Eithleen profita d’un de ces rares moments de quiétude durant une guerre pour venir me parler. Elle me fit noter que son homme mourait à chaque fois que je les rencontrais. Je ne m’en étais évidemment pas rendu compte, mais c’était vrai. Je ne montre jamais une grande sensibilité pour les humains, mais elle portait son deuil avec honneur et abnégation. Elle ne s’était aucunement soustrait à ses devoirs dans cette armée. Je devais bien admettre que ce bout d’humaine avait plus de force que de nombreuses personnes présentes ici. Beaucoup auraient pu en prendre exemple.
Raistling, par exemple, le Haut-Prêtre du Clergé d’Hôrosis continuait à soulever les doutes quant à son utilité. Il est vrai que depuis le début, ce vieil homme aussi insaisissable que le sable du désert ne faisait pas l’unanimité. Taiseux et brouillon, celui qui devait être un atout dans notre armée contre les Nécromants, c’est vite révélé être un poids à supporter. Les choses s’étaient d’ailleurs envenimées entre lui et l’un des guerriers Kaïnites, allant presque jusqu’aux poings. Contesté même par Thanatos, l’homme s’en alla s’enfermer dans le temple d’Hôrosis, se jouant de ceux qui l’accompagnaient, préférant nous abandonner et rejoindre lâchement son dieu plutôt que de nous aider. Les humains ont décidément un penchant pour la médiocrité dans l’adversité, nul doute là-dessus.

Rien d’utile ne fut trouver dans la Cité Sacrée et de toute manière le temps nous manquait déjà. En effet, derrière la porte du Couchant, l’armée du Nécromancien était rassemblée, telle une meute prête à fondre sur sa proie. Des éclaireurs avaient zieuté à travers les battants et ce qu’ils rapportèrent ne présageait rien de bon, au contraire. Nous étions désormais accoutumés à affronter squelettes, goules et autres zombies, mais la silhouette monstrueuse qui se tenait derrière notre dernier rempart… Aucun de nous ne pouvait se douter de pareil abomination. C’est là que nous entendîmes les premiers coups. Un carillon inquiétant, sonnant notre dernière heure. Un frémissement parcourut mon échine.

Boum ! Boum ! Boum !

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Dil'inthar
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Re: La libération de Balamoun

Messagepar Dil'inthar » 27 janv. 2020, 22:45

V. Le dernier combat (1ère partie)

Boum ! Boum ! Boum !

Un bruit sourd et décidé contre ce qui nous séparait encore de l’armée des non-vivants. La poussière soufflait entre les interstices de la muraille et déjà les premières pierres glissaient lentement sous le choc. L’abomination était à l’œuvre. Haute de plusieurs mètres, elle s’acharnait tel un bélier contre les portes pour les défoncer. Même le vieil Architecte arqua ses sourcils de peur devant le mal fait à son édifice millénaire. Il nous fallait agir et vite. Le Grand Vizir, bras droit du Pharaon, lança ses ordres, les lignes devaient être formées et rapidement. Angus avait beau être lui-aussi un vieil humain, son charisme et son savoir le sortait du marasme de son espèce. Beaucoup oubliait aussi que le personnage avait été l’Archimage de la Cité pendant fort longtemps. Il avait d’ailleurs fait montre de son savoir pyrotechnique lors de notre dernier assaut, en levant littéralement une barrière de flamme face à l’armée de morts.
Un des éclaireurs avait aussi ramené la tête d’un des gardes de Pharaon, lancée de par les murailles. Une mise en garde des Nécromanciens sur le futur qui nous attendait. Le contraire eut été étonnant.
Pas le temps de ressasser ses peurs donc, chacun empoignait son arme comme un ultime cordon vers la liberté et attendait le sombre moment. Pourtant nous ne voulions pas resté là sans jouer un mauvais tour à ce monstre sur pattes. Avec une mage de la Baie, Dasine et un homme d’équipage des pirates, nous décidâmes de tendre une corde entre les piliers de la porte pour faire trébucher le monstre lorsque celui-ci ferait tomber les portes. Le stratagème ne manquait pas de génie.

Boum ! Boum ! Boum !

Les pierres se désolidarisaient définitivement de l’édifice et les portes commençaient à donner de sérieux signes de fatigue. Nous tendîmes la corde, fin prêts. Une mélodie venait alors à mes oreilles, oui, c’était bel et bien le barde que le siège final semblait inspirer quelques vers bien sentis. Conscient que les doux mots ne seraient pas suffisants pour amadouer la chimère, il tenait aussi des bombardes prêtes à être lancées et mises à feu sur l’engeance nécromantique.

BAM !

La violence de l’explosion fut assourdissante. Pulvérisée notre idée de génie. Nous fûmes projetés par le souffle à plusieurs mètres. Je vins m’écraser contre une des larges colonnes de l’allée des Sphinx. J’avais le souffle coupé, l’impression qu’une lance entière m’avait traversé. Je restais là un temps qui me sembla interminable, des ombres se mouvaient dans une épaisse poussière de gravas. Ma vision revenait finalement et je pouvais constater que notre dernière bataille avait commencé, sans moi.
Tout autour, les débris avait envahi le palais. Une odeur putride s’était répandue avec eux. Le souffle me revenait peu à peu. Non loin de moi, le Grand Vizir avait lui-aussi été projeté contre les colonnes, mais avait été bien moins chanceux. Le vieux mage était empalé sur une poutre au niveau de l’épaule. Nous pourrions difficilement compter sur les savoirs de l’ancien Archimage. Il saignait abondamment, mais déjà la Princesse Nisha s’était jetée à son chevet. Allait-il s’en sortir ? Personne n’avait réellement le temps d’y penser en voyant l’abomination gigantesque prendre possession de la place que nous défendions.

Une bête lugubre issue de nos pires cauchemars se tenait devant nous et de laquelle de multiples tentacules se tortillaient comme autant de fouets morbides. La masse suintait de pue et sa peau était composée d’autant de morceaux de chairs rafistolés entre eux tels de vulgaires pans de tissu. Des bouches, des yeux et des os s’agglutinaient dans un épiderme d’horreur. Là, devant cet enfant terrible se trouvait son créateur. Kazim Baladhour nous faisait finalement face. Nous pouvions désormais mettre un visage sur le mal que nous étions venus affronter, et quel mal ! La peau glabre, le regard vitreux et le corps décharné confirmait l'âge exceptionnel du traître. Il proféra des insultes à notre encontre, cela va de soi. Ce qui le fut moins, est qu’il se fit littéralement engloutir par le monstre qui le suivait, accompagnant la scène d’un rire sardonique. Loin d’être mort, ils ne faisaient désormais plus qu’un avec elle. Concentré de Nécromancie, de haine et de folie.
Le Barde faisait pour une fois fi de politesse et avait sonné l’assaut, attaquant l’engeance de sa bombe qui s’enflamma sur le dos de l’abomination, laissant ses milles bouches hurler leur douleur d’un cri strident. La contre-attaque ne tarda pas et l’une des tentacules vint faire valser le musicien pyromane beaucoup plus rapidement que dans n’importe quelle salle de fête de Brumevent. Un des Rôdeurs, Sin’Drva, était déjà à terre après avoir pris une autre claque monstre. Le démon encaissait lui-aussi ses premiers coups, Akella le cribla de flèches et Ezeukyl déchargea la foudre contre lui notamment. Les bouches hurlèrent à nouveau leurs plaintes perçantes et des bubons de pue explosèrent.
Il y en avait un qui ne semblait pas refuser un tel challenge, c’était bien le Prêtre Kaïnite. Kefka était un homme dur et direct. Pas de place pour les belles paroles parmi les Kaïnites. Lui qui dirigeait désormais les Guerrier et son comparse saurien Chaz, s’en étaient déjà donnés à cœur joie durant les précédentes batailles. Leurs haches et leurs masses voltigeaient de plus belle depuis le début des combats. S’ils s’adonnaient à un comptage que je trouvais de fort de mauvais goût, qu’en bien même se furent des morts-vivants, leur efficacité n’était pas à mettre en doute. Sans ces fous, nous n’aurions sûrement jamais pu arriver jusqu’à la Cité Sacrée. Le Prêtre se lança donc à l’assaut de Kazim et sa descendance, tranchant et découpant la forêt de tentacules.
Un autre guerrier tentait au même moment une manœuvre audacieuse. Bravant la peur, où déjà saoulé de folie, Thorsien essaya de dompter la bête et de grimper sur elle. L’entreprise ne manquait pas de succès, jusqu’à ce qu’une des tentacules ne réussissent à le sécher par derrière. Le maître d'arme retomba à terre violemment. La bête n’était définitivement pas à sous-estimer.
Pour ne rien arranger, cette immondice avait entre temps procréé à notre plus grand désarroi. Des goules s’extirpèrent de son corps flasque et se lancèrent à l’assaut des premiers venus, profitant de la surprise. Guerriers, Mages, Archers, aucune ligne ne pouvait être épargnée, le chaos régnait. Certains essayaient même désespéramment de se cacher derrière les colonnes pour éviter d’être happés par les bouches goulesques. Nous nous réorganisions aussi rapidement que possible devant ces nouveaux ennemis. Les soldats du Fort se chargèrent de faire front aux acolytes voraces. L’homme-chat était encore blessé, mais soutenait son comparse, qui semblait se battre pour deux contre ces goules.
Au milieu du tumulte, c’est bien le barde que je vis à nouveau s’adresser à la monstruosité, grenade à la main. A la fin de l'envoi, il toucha, mais cette fois la bête l’enjôla pour s’accaparer son énergie vitale, décidément revancharde. Le flux de vie drainé du musicien le laissa mal en point, les joues creuses et le regard livide. La bête, elle, ne semblait pas feindre sa résolution à nous anéantir. J'avais l'impression que notre combat durait déjà depuis une éternité. Nos blessés augmentaient aussi bien que notre fatigue, quand bien même l’engeance ne paraissait pas faiblir. L'issu de notre duel ne tournait pas en notre faveur.
Comment pouvions-nous venir à bout d’une telle monstruosité ?
Modifié en dernier par Dil'inthar le 28 janv. 2020, 18:57, modifié 1 fois.

Finn
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Re: La libération de Balamoun

Messagepar Finn » 28 janv. 2020, 10:07

C'est magnifique ! Je suis tenu en haleine pour la suite :)

Mirabelle

Re: La libération de Balamoun

Messagepar Mirabelle » 28 janv. 2020, 23:53

Magnifique récit ! Merci, Dil' ! Une véritable leçon d'écriture et digne reflet de ces aventures. :D

Quelques noms manquent, c'est sûr, ceux de la piétaille et des héros de l'ombre, et il faudra bien que l'on comble cette lacune ;) ...

Hâte de lire la suite, en tout cas. :geek: :)

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Dil'inthar
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Re: La libération de Balamoun

Messagepar Dil'inthar » 03 févr. 2020, 22:44

VI. Le dernier combat (2ème partie)

Ma main faisait son chemin dans le carquois qui lovait mon dos et trouvait une nouvelle flèche promise à la chimère. Durant la tempête du début, je n’avais pas encore réussi à viser le monstre, mais maintenant, je pouvais moi-aussi entrer dans la danse. Je lâchais mes traits en cadence, au rythme des attaques du Kaïnites qui se dépatouillait au corps-à-corps, transperçant les tentacules menaçantes pour le prêtre-guerrier. Le sifflement incisif de mes dards annonçaient immanquablement leurs arrivées, sanctions inévitables pour les sordides appendices. Il n’était aucunement le moment de faillir.
La bataille battait son plein et le chaos régnait, lorsque, devant la porte défoncée, nous vîmes une nouvelle silhouette. Un nouvel adversaire se profilait-il donc ? Nous, qui peinions déjà tant face à la bête ? Ce n’était pourtant pas un mort, il n’avait pas cette démarche saccadée, non. Un nouveau nécromancien venait donc suppléer son maître ? Des regards condamnés commençaient à poindre chez certains d’entre nous. La fatalité de notre épreuve nous rattraperait finalement.

La lumière crue qui flanquait la balafre de la porte détruite précisa alors les traits du nouveau venu. Fier, l’épée au clair, c’était un Templier ! Kenath était arrivé en renfort et chargea triomphalement le monstre, invoquant sa déesse comme inspiration. Il traversa nos lignes fatiguées dans une ruée salutaire jusqu’à son adversaire. Les Chevaliers de Vénéra avaient un goût certain pour la théâtralité, qui ne manquait pas de m’agacer. Le choc fut violent. Le paladin se fraya un chemin entre les tentacules à l’aide de son glaive. L’engeance, loin d'être désarçonnée par cette arrivée, répliqua à chaque estoc, fouettant le guerrier saint de ses membres putrides. Un nouveau duel bienvenu, mais encore indécis. Combien d'adversaires ce colosse pouvait-il affronter ainsi ?

La monstruosité regagnait, grâce à la sombre magie de son créateur, la vie que nos inlassables attaques lui enlevaient. Les Mages de Baïkal Casse-Genoux tentaient, souvent au péril de leurs propres vies, de soigner les blessés. Mais ils étaient eux-aussi mis à mal par les tentacules et les goules qui se jetaient avec une rage déconcertante dans la bataille.
Dans une telle frénésie, je n’arrivais plus à trouver une cible sans toucher un allié. Des mages avaient été happé par les goules. Certains n’avaient jamais combattu au corps à corps ou s’y refusaient, mais avaient-il le choix désormais ? La survie est toujours bonne conseillère et n’écoute pas les croyances. L’un des mages, un humain du nom de Malkein, était aux prises avec une goule vorace. Un pugilat désordonné à l’issu incertaine. Les dents acérées de la créature manquèrent à plusieurs reprises de lui croquer le visage, jusqu’à ce que l’humain ne réussisse finalement à planter sa dague dans le cou de l’ignoble chose. Il s’en était fallu de peu pour lui et son visage pétrifié de soulagement le prouvait.
Le Ménestrel quant à lui était en mauvaise posture face à la bête. Ne pouvant pas tirer, je me résolus à faire usage de ma magie en invoquant une armure de pierre autour de lui pour lui permettre de récupérer de précieuses secondes. Mieux valait qu'il reste encore un peu devant moi en vie. Cette magie m’avait épuisé, mais le chansonnier était encore debout. A peine le temps de tourner la tête et j’apercevais les deux guerriers de Kaïn aussi malmenés, aux bords de l’inconscience. Ce combat d’usure ne tournait décidément pas en notre faveur.

Au milieu de ce fatras, une vieille silhouette avait elle-aussi été projetée comme Angus et moi-même contre les colonnades. Danarian Libresprit, un Illusionniste d’un âge avancé se relevait avec difficulté, abdomen transpercé d’une écharde de pierre. L’ancien ne reculait cependant pas devant la monstruosité. Il avait, comme ces comparses, fait preuve d’un pacifisme à toute épreuve face à la mort rampante. Je me permettrais de dire que leurs sorts n’avaient fait qu’illusion malheureusement. Alors en voyant ce croquant appuyé sur son bâton de bois se diriger droit sur le monstre, tout dans sa démarche faisait écho à un testament. Pendant sa progression, il décrocha la pierre noire qui trônait sur son bâton et la lança à son collègue Valëntok, désabusé. L’ancêtre crachait des gerbes de sang entre deux adieux à ses compagnons. Il ne lui restait plus longtemps à vivre, il le savait, nous nous en doutions.
La suite ? Mes yeux se méfient encore maintenant de ce qui se déroula. L’Illusionniste s’abandonna alors totalement à la magie, la sienne. Le Mage fut jusqu'à la fin toujours fidèle à ses préceptes, ses arcanes ne blessaient point. Un fulgurant faisceau de lumière nous aveugla tous et laissa la bête paralysée sur place, engoncée dans un sol de pierre désormais inexplicablement mouvant ! Une énergie folle qu’aucun de nous n’aurait pu libérer pendant cette période de disette magique. L’acte était un succès, laissant l’animal nécromantique hagard. Cependant, tout avait un prix, surtout les arcanes. La magie vint alors chercher son dû et lentement les pierres sous les pieds du vieux Mage se liquéfièrent. Elles s’emparèrent peu à peu du magicien, tels des sables mouvants, le transformant finalement en statue. Quelques dernières paroles s’échappèrent de sa voix mourante, avant que son faciès ne soit lui-aussi à jamais figé dans le roc. Le sourire qu’affichait désormais éternellement Danarian Libresprit n’était pas feint. Le vieil homme avait joué un dernier tour, avant que le rideau ne tombe définitivement.

Ce sacrifice revigora nos troupes. Les guerriers se jetèrent à nouveau sur le monstre cloué sur place dans une cavalcade héroïque. Kefka lacéra le corps immonde, avant d’être éjecté contre les colonnades par une tentacule encore mobile, le prêtre était cette-fois sonné. Ablaze, profita de cette ouverture pour offrir au monstre un brasier digne des feux de la Fournaise. Une énergie fougueuse, telle, que la mage-même fut brûlée par sa déferlante embrasée. Le guerrier Thorsien arrivait lui au mollet de la bête, transperçant cette-dernière de sa lame. A l’opposée, la Pirate s’était faite discrète jusque là étonnement, mais ne manquait pas de faire parler à nouveau d’elle. Le deuil n’étant point vice chez les corsaires, elle s’employa à grimper sur la fraîche statue de Danarian ! L’effrontée commença alors à décocher quelques traits de son nouveau nid d’aigle. Mes amis forestiers Akella et Théodoras venaient finalement à bout des goules et se repositionnaient à mes cotés. Le Sergent Zelph était prêt lui-aussi, cible déjà acquise. Jeborian et Ezeukyl étaient juste derrière nous. Nous avions finalement l’occasion qui nous manquait depuis le début ! Signal donné, de concert, nous déversâmes une cascade de flèches sur la chimère. Je relâchais la corde de mon arc avec une telle énergie que je pouvais sentir la trajectoire promise de mon trait parcourir ma chair.
Le colosse ne pouvait parer telle estocade. Toutes ces aiguilles affaiblirent peu à peu la créature maléfique. Elle hurlait de douleur et ses tentacules frappaient le vide de convulsions. Une terreur nouvelle se reflétait cette-fois dans ses mille yeux. Une telle chose pouvait-elle encore sentir l’odeur de la mort arriver ? Peut-être.
Et finalement l’une des flèches du Rôdeur se ficha dans un des yeux immondes. Le coup de trop pour l'engeance de Baladhour. Elle tituba, ses gueules abjectes crièrent leur désarrois d’un cri strident avant de s’écrouler dans un fracas monstre. Lambeaux de chair explosés, os broyés, ses tentacules infernales gisaient désormais au sol comme autant de serpents asphyxiés.

De la bête vaincue ne subsistait qu’un amas putride de chair et de sang. Au milieu de ce lac nauséabond se tenait Kazim Baladhour, à genoux, défait. Le Nécromant ne respirait qu’à moitié, délaissé par sa propre magie. Le calme était revenu sur le champ de bataille, un silence soudain que chacun d’entre nous ne pouvait totalement appréhender.
Pharaon s’avança alors jusqu’à son ennemi juré, l’ancien ami de son père, le traître. Aucune pitié ne semblait émaner de son faciès souverain. Il contempla le Nécromancien d’un regard dédaigneux. Si Kazim Baladhour se savait perdu, sa rage ne l’avait pas quitté. Il maudit une nouvelle fois Thanatos et notre armée. Il avait échoué dans son entreprise, mais promettait de revenir d’entre les morts. Lui ou un autre. Cette être avait survécu mille ans. Mille ans de rancœur. Serait-il capable d’échapper au courroux-même d’Hôrosis ? Son nom resterait, lui, certainement un millénaire de plus dans les admonitions des oracles de Balamoun.
La sentence ne fut pas longue à tomber. Thanatos ne commettrait pas la même erreur que son père. Comme un point final à notre entreprise, le Templier fut désigner bourreau et, d’un geste vif, rasa la gorge du sombre mage, décollant son chef. Le corps inanimé du Nécromant s’écroula et disparut dans un souffle de poussière, jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien de lui. S’en était fini.

Nous pouvions désormais relâcher notre vigilance. Des larmes coulèrent sur de nombreuses joues. Beaucoup étaient tombés, mais nous avions réussi. Les plaies seraient difficiles à refermer pour certains, comme pour le peuple de Balamoun, qui pourrait bientôt regagner et rebâtir leur Cité. Les émotions étaient à leur comble. Certains l’exprimaient plus que d’autres, se laissant aller à des accolades bien plus qu’amicales. Décidément ces humains ne savent pas se tenir...

Mon dos me faisait mal. Les écorchures et les coups se rappelaient à moi. Mon regard se porta alors su mes mains. Mes paumes étaient, elles, encore rigides. Après quelques pas fanés, je trouvais refuge près d’une colonne, satisfait. Je glissai lentement à terre, le long de la pierre calcaire, tout en affichant un fin rictus. Te Danann nous avaient accordé la victoire, la vie n’en était que plus savoureuse.

Je levais les yeux au ciel. N’avait-il jamais été aussi bleu ?

Finn
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Re: La libération de Balamoun

Messagepar Finn » 04 févr. 2020, 09:50

Du très beau travail Dil', félicitations !!!

(et encore merci aux mj et pnj pour le boulot. C'est malin, maintenant j'attends le prochain événement majeur avec impatience !)

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Crow Nihil
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Re: La libération de Balamoun

Messagepar Crow Nihil » 04 févr. 2020, 22:44

J'lai vécu comme si j'y avais été ! Merci Dil'inthar, héhé !
[…] C'est malin, maintenant j'attends le prochain événement majeur avec impatience !)
Mais il est en cours Finn, il est en cours !
Afin de préserver le monde de la dévastation.
Afin de rallier tous les peuples à notre nation.

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Cat'
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Re: La libération de Balamoun

Messagepar Cat' » 04 févr. 2020, 23:41

Un petit vent de nostalgie gonfle les voiles de mes souvenirs ! Merci pour ce récit, Dil', c'est toujours un plaisir de se replonger dans tout ça. C'était parfois bordélique, parfois épique, c'était surtout mémorable !

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Leks
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Re: La libération de Balamoun

Messagepar Leks » 05 févr. 2020, 23:34

Félicitations, Dil' ! *applaudit*
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Dil'inthar
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Re: La libération de Balamoun

Messagepar Dil'inthar » 10 févr. 2020, 22:07

VII. Épilogue

Les portes de la Cité se refermaient déjà derrière nous. Les gardes nous avaient salué d’un signe de main généreux. La populace n’avait pas manqué d’afficher elle-aussi de larges sourires aimables sur notre passage. C'était le moins qu'ils pouvaient faire à notre égard, me disais-je. Certes, pour eux qui avaient tous perdu proches et maisons, ces sourires n’étaient peut-être pas aisés. Ce qui est certain, c'est que ce peuple résilient faisait déjà montre d’une envie de se relever. La plainte n’avait pas sa place dans le désert.
Une longue route nous attendait et déjà Théodoras et les autres Forestiers s’impatientaient de rentrer. La Forêt me manquait à moi-aussi. Nous quittions cette terre brûlante le devoir accompli. Avec la mort de Kazim Balhadour, les aspérités et les divergences qui avaient émaillé notre combat s’étaient éteintes avec lui, ou du moins s'étaient atténuées. La survie nous avait uni et chacun, à diverses mesures, avait su braver ses peurs et ses limites. Il était temps de dissoudre cette armée. Chacun pouvait repartir de là où il venait. Le futur se divisait en autant de routes et qui sait si certaines ne se rencontreraient pas à nouveau, en bien ou en mal.

Pharaon et sa sœur nous avait remercié au nom de son peuple. Le Grand Vizir encore convalescent s’affairait déjà avec l’aide de l’inébranlable Charos au plan de reconstruction de la nouvelle Cité Sacrée. Thanatos avait aussi profité de cette fin heureuse pour annoncer son mariage et les festivités qui en découleraient. Le souverain avait à cœur de montrer que Balamoun se relèverait pour prospérer à nouveau, loin des erreurs du passé.
J’avais salué les Archers du Fort avant de partir, Hebertan et Notach. Ces-deux là faisait décidément la paire et je sentais que l’armée du Fort pouvait s’appuyer sur de solides gaillards, toujours d’entrain. Quant au Sergent, nous avions pris rendez-vous. Nous nous affronterions certainement durant les festivités du mariage de Thanatos pour voir de qui de nous deux avait la plus fine flèche. Un peu de challenge attirait ma curiosité.
J’avais aussi fait mes au revoir à Cat’ et sa bande de pirates. L’Écumeuse des Mers n’avait pas son pareil pour les salutations imagées. Qui sait si je la reverrais ? Je repartais dans mon étendue de forêt quand les champs de la mer l’attendaient. Le départ des flibustiers fut néanmoins terni par leur nature revenant comme la marée. Tout héros qu’ils étaient, dérober le souk et visiter les maisons vides ne plut guère au Pharaon et deux d’entre eux repartirent une main en moins. La pirate n’avait évidemment pas goûté que son équipage soit raccourci et ils partirent jurant ne jamais revenir. La mer rappelait ses enfants, bien loin des sables brûlants du désert.
Le Prêtre des Tempêtes repartirait lui-aussi certainement vers la houle de son élément de prédilection. Les terres arides de la Pyramide n'étaient assurément pas le lieu idéal pour communier avec Phargonis.
En parlant de terres arides, les Mages du Désert avaient quant à eux moult travail sur les bras. Leur caste serait certainement le fer de lance de la reconstruction de Balamoun. Baïkal, Dasine, Ablaze et Azaël ne manqueraient pas de faire revivre la flamme de la Cité. Leur ardeur au combat devait maintenant se muer en chaleureuse bienveillance.
Les guerriers Kaïnites étaient aussi sur le départ. Évidemment. Les combats terminés, ils n’y avaient plus rien pour eux sur ces terres. Tels des criquets voraces, ils devaient partir à la recherche de nouveaux combats. Je n’arrivais pas encore à sonder ces personnages. Peut-être serions-nous ennemis dans une prochaine bataille ? Rien n’était moins sûr avec eux. J’étais néanmoins averti, ces guerriers n’étaient pas à sous-estimer, loin de là. Mieux valait ne pas les voir de trop près.
J’avais aussi fait mes adieux à Eithleen. La magie occuperait désormais l’attention de la jeune femme. Je savais que Te Danann saurait nous remette rapidement sur la même route. Je n’avais pas encore idée à cette époque que ce serait aussi vrai, ma foi.
Je m'étonne encore maintenant que mon regard se soit parfois attardé sur les nombreux humains qui avaient combattu à mes cotés, quand bien même je n'avais pas cherché à me souvenir de leurs noms. Si je me gardais bien de le leur faire remarquer, certains avaient changé, d’autres non. Tous avaient certainement leur propre récit à décrire. Qu’allaient-ils faire de cette épopée ? Comment se souviendraient-ils de cette histoire-ci ? Ils parleraient de moi certainement et ensuite ? Bah. Pourquoi m'ennuyer avec pareils réflexions ? Parfois mon esprit se perd dans des méandres qu’aucune raison ne peut remettre à flot.

Mon regard se portait alors vers le ciel. Un aigle survolait les tours de la muraille, reprenant majestueusement le territoire qu’il avait du abandonner. Un dernier regard sur l’enceinte de la Cité bercée par le baiser rougeâtre du crépuscule et nous nous mettions en route. Mes pas sur la route fatiguée occasionnèrent les premiers nuages de poussière. Le vent serait aussi notre compagnon pour le trajet. Devant nous, l’étendue sans fin du désert se déroulait vers l’inconnue. Vers une autre histoire.


FIN


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