Oeuvres de divers bardes et conteurs

Manuscrit

Aux chevaliers de BrumeVent

Par Aegypius

Bien que les armes soient notre joie
Que notre langue ne soit pas la dernière sortie
Envoyons au monde une voix
Qui saura montrer que nous avons de l'esprit

Dans nos fiers uniformes
Nous briserons l'injuste norme
Qui veut que hommes d'armes n'aient point de cervelle
Ou alors la taille de celle d'une hirondelle

Amis guerriers nous ferons
De notre splendide légion
Le corps célèbre et envié
Ou se joignent esprit et habileté

Quand à crier la poésie
Je ne sais si nous le pouvons
Car même en ce joyeux pays
Nous sommes durs sous nos blasons

Bouffonnerie : Prose en vers pour Ophandilia

Par HermesX

L'engoulevent frôle le rocher
La brume se lève
Tout s'efface…

Yoho, Yooho, Yoohoho—
Ici commence mon chant :
Dans ce pays humide où on ne voit que du blanc,
Où quand l'hiver est là le vent glace le sang,
Accroché au coteau
Il y a un château
Ceux qui vivent là haut l'appellent Brumevent.
Mais la brume est partout jusque dans les cerveaux;
La belle Orphandilia s'ennuie, c'est pas nouveau,
Entre un père fatigué qui ne dit pas un mot
Et le chef des gardes
Qui n'aime que les gaillard(e)s.
Elle se dit qu'une fête
Réveillerait la Bête
Qui dort en elle et qui voudrait un peu de sang,
Un peu de chaleur et puis surtout un amant.
Dans ses rêves cachés
Elle se voit s'enfuir
Avec un bel archer
Et se faire reluire.
La décision est prise : il sera annoncé
Un bal et un tournois pour les gens d'Odyssée
Et puis des poésies en veux tu en voilà
Ou un concours de prose dit Orphandilia.
De tous les coins du monde
Ils arrivent en nombre
Ils viennent à Brumevent les champions d'Odyssée
Mais c'est le sort qui décidera des décès.
Sans souci HermesX
Qui n'a qu'une idée fixe
Arrive lui aussi
Pour faire des poésies.
Qui sera le plus brave? Qui sera le plus beau?
Qui sera le pov'type qui gît dans l'caniveau?
Ils viennent à Brumevent les champions d'Odyssée
Mais c'est le sort qui décidera des décès.
Ce qui est sûr c'est que, vu l'état du gagnant,
Orphandilia dans'ra avec un steak saignant.
(spéciale dédicace à Bilbo pour la rime)
Quand tout sera fini, il faudra bien rentrer
à la Tour, la Fournaise, la Forêt ou la Baie.
Ici finit mon chant.

L'engoulevent frôlera le rocher
La brume se lèvera
Tout s'effacera.

Poésie réalisée à l'occasion d'un concours de poèmes s'étant déroulé en parallèle du premier tournoi de Brumevent.

Contine du coeur

Par Berkam (daté du 27 Septembre 2009)

[ Alors que l'aquilon du soir se lève et galope sans laisser de traces, les soupirs boisés de l'Invincible se font entendre.
Puis c'est une voix arrosée qui vient troubler la quiétude du port…entonnant un chant entrainant, gonflé de vigueur et de rhum:]

C'est nous ça, les gaillards d'avant !!
C'est nous qui sommes les ruffians !!
Ho-hisse et Ho ! Vire au guindeau !!
Ho-hisse-hooooooo ! Pavillon hauuuuut !

Tant que l'vent pousse la frégate,
'y a du bon temps pour les pirateeeees !!
Tant que la mer est par-dessouuus,
C'est l'corsaire qui tient l' bon bouuuuut !!!

Ho-hisse et Hooooo ! Vire au guindeauuu !!
Ho-hisse-hooo ! Pavillon haut !

Tant pis pour les yeux de ta mèreee,
Tant pis pour ta soeur et ton pèeeere !!
Tant mieux si tu deviens corsaireeeeeuh !!
Venera etait une putaiiin !!
Viens donc fréquenter les étoileeees,
Dormir dans l'ventre des voileeeees!!

Ho-hisse et Hooooo ! Vire au guindeauuu !!
Ho-hisse-hooo ! Pavillon haut !

[ … Le chant se termine sur une violente quinte de toux suivit d'un puissant rire secouant huniers et basses voiles…]

Hymne à la boisson

Par Forane

O liquides enivrants,
Coulez dans nos gorges longtemps
Assouvissez nos profonds penchants,
De buveurs à l'appendice pendant!

Car seuls les soldats du Fort,
Savent vous accueillir dans leur corps,
Et vous chanter, tant ils adorent
votre compagnie jusqu'à leur mort.

Sert nous a boire Tavernier!
Les soldats du forts sont arrivés!

La Bataille de la plage

Par Héméra

Ô Damné en sursis, abaissez donc le sabre
Vos griffes ne tairont point notre rire macabre
D’ou vient cette rumeur ? Quel est ce brouhaha ?
Seriez vous effrayé ? Par qui ? Par nous ? Haha !

Debout, gardiens vaillants de cette mer sans age !
A l’unisson du glas, hurlons à l’abordage !
Nous revenons vengeur et sans l’aide d’un Calice
Vous mener tout tremblant au Royaume d’Hôrosis.

Mais avant qu’à son seuil vous laissiez l’espérance
Il me faut vous compter notre funeste errance.
Parvenus par vos soins sur cette plage sanglante
La lumière engloutie, semblait elle aveuglante ?

Sa fin fut trop injuste et pour droit de passage,
Je veux le nécromant, et tout son équipage
Aussi cesserez vous de hanter les sept mers
Quand claquera sur vous la porte des enfers !

La Marginale

Par Touffe de poils

A celle dont les multicolores haillons
Souvent observés, mais jamais raccommodés
N'ont que bien trop souvent étés déchiquetés
Sans que leurs maints agresseurs n'y prêtent attention

A celle dont le trop grand coeur déchiqueté
Attire a lui les compatissants animaux
Que sont les joyeux mais toujours prudents oiseaux
Qui bien vite sont par quelque chat effarouchés

A celle sans qui le tournoi ne serai fête
A celle qui debout se tient fièrement
A celle dont la douleur est l'indigne amant
A celle dont les archers ont l'image en tête

A celle de qui les qualités de courage
Sont a rappeler comme précieux adage
A toi malheureuse Cible de Brumevent
Dont le destin est de désigner un gagnant

La nuit (Ode à Hécate)

Par Sysyphe

Nuit que tu m’es douce. Tu es l’instant sacré où enfin seuls, nous sommes ensembles. Alors qu’au loin l’humanité sommeille, je peux laisser libre cours à mon chagrin, afin que d’une main chaleureuse tu le consoles, en l’emportant dans l’oubli passager d’un repos mérité.

Seulement le regret me consume, achevant de désoler ce désert morne, qui me ressemblait tant.

Nocturne amante, fidèle compagne, le crépuscule perce mon âme d’innombrables songes qui n’existent qu’au travers de vos ténèbres.

J’aspire à ce jour bienheureux où vous serez définitivement mienne, et qu’ensemble nous plongerons dans l’infinité glacée de votre couche, quand l’oubli sera nôtre à jamais…

La plume...

Par Sirven

(Écrit le 02 Juin 2008 - Lieu : BoisDoré)

[Peut être avez vous entendu un soir le géomancien raconter cette histoire aux enfants ou bien à la taverne. Si oui la voici!! si non et bien la voici quand même car Sirven se fait vieux et il radote tout le temps alors tôt ou tard vous l'entendrez!!!]

“Il était une fois un musicien rêveur, un jeune homme dont je tairais le nom.
Son rêve était simple, pouvoir envouter son audience par la musique. Son don naturel pour cet art de barde faisait de lui un joueur déjà exceptionnel d’ocarina (petite flute en terre). Mais le jeune humain en voulais plus, il voulait être adulé par chacun, que son nom brille plus que les étoiles au firmament. Il voulait être vénèré comme Furrinus lui-même.

Son rêve tournait à l’obsession, chaque minute était consacrée à travailler encore et encore. Cependant ses pensées le rongeaient, il savait qu’il était le meilleur mais il ne savait pas pourquoi les gens ne le reconnaissaient pas à sa juste valeur. Fallait il qu’il travaille encore, ou alors ces abrutis trop obsédés à guerroyer chaque jour ne comprendraient ils jamais son art ?

Un soir de pleine lune alors que le vent soufflait vers l’est, le jeune homme se rendit dans le petit bois derrière chez lui. Les nuits étaient chaudes à cette période de l’année cependant ce soir je ne sais si c’était du au vent d’ouest ou pas, la température semblait être extrêmement basse. Nous marchâmes longtemps, je dis « nous », car je le suivais. Le chemin était humide, limite boueux par certains moments. Plusieurs fois je craignais de me faire surprendre mais il ne se retourna pas une seule fois.
Après bien trente minutes de marche, nous arrivâmes enfin à notre destination.

C’était un petit lac entouré de peupliers dont la cime était pliée par le vent. Le lac était sombre et lugubre mais je pus voir arrimé à la berge une petite barque rouge qui transforma ma vision de cette scène. Le bois devint alors moins lugubre et, me calmant, je repris ma filature là ou je l’avais laissé. A présent assis au bord de l’eau, le petit prodigue commença à jouer un air de flûte… euh pardon … d’ocarina. S’il m’entendait…
Enfin bon, il était là, envoutant. Toute la nature semblait attentive, elle semblait l’écouter. La musique dura quelques minutes puis, une plume tomba du ciel pour se poser malgré le vent assez fort, délicatement à la surface de l’eau. Ce qui me surprit le plus c’est qu’à aucun moment, cette petite plume ne bougea, et ce malgré le vent et les ondes créées par celui-ci. Elle resta là, devant le musicien sans bouger. Il sembla ne rien remarquer, il devait jouer les yeux fermés comme à son habitude.

Le temps passait, la musique ne s’arrêtait pas. Je la trouvais trop mélancolique je lui avais déjà dit mais jamais il ne m’avait écouté ou même fait semblant. Il disait que je n’y connaissais rien et il n’avait pas tord.

Enfin le vent s’arrêta, la musique aussi. Je regardai alors en direction de la plume et à ma grande surprise, elle se rapprochait du bord du lac. A quelques mètres de la rive la plume fit place à un petit halo de lumière qui s’agrandit au fur et à mesure qu’il approchait du rivage.
Le jeune homme se leva, fit quelques pas en arrière puis se stoppa net en voyant que la lumière prit la forme d’une magnifique jeune femme. La lumière disparut et mes yeux ne mirent que quelques secondes à s’habituer à l’obscurité.
J’étais trop excité à la vue de ma première divinité, car pour moi ça ne pouvait être quelque chose ou quelqu’un d’autre.
A mon grand damne la jeune femme n’était pas nue, elle était habillé d’une robe blanche et d’un bleu cyan. La robe se posait délicatement sur l’eau alors que la jeune femme avançait, sans marcher vers la rive.

Elle se stoppa à un petit mètre seulement du musicien, lui prit la main et prit l’instrument. Il ne protesta pas, lui qui n’avait jamais voulu me la prêter, lui qui dormait chaque nuit avec, donnait son instrument sans aucune résistance.
La femme-plume si je puis m’exprimer ainsi porta l’instrument à sa bouche. Le son qui en sortit nous fîmes tomber à genoux. L’extase d’une musique si pénétrante me fit perdre la notion du temps. Lorsque je repris totalement mes esprits, l’aube se pointait.
J’avais écouté la femme-plume jouer toute la nuit sans m’en apercevoir. J’étais ensorcelé par cette musique si pure, si douce et si irréelle.

Prenant conscience de mon état, je mis quelques minutes à me relever. Essayez, vous ! De passer six ou sept heures à genoux et vous verrez si il est facile ou pas de se mettre debout.
En m’aidant de l’arbre qui me cachait pour me relever, mon regard se posa sur le couple de musiciens qui était entrain de discuter. Enfin discuter est beaucoup dire, elle seule parlait. Hélas bien trop loin pour l’entendre je ne pus me repaître de ses paroles.
Soudain dans un éclat de lumière qui me fit fermer les yeux elle disparut.

Vous me connaissez pour la plupart et vous vous doutez de ma réaction… Non je n’ai pas pris mes jambes à mon cou petit garnement… Je me suis rapproché du lac, désireux de savoir ce qu’elle lui avait dit. Me sentant arriver d’un pas défaillant, le jeune homme tourna la tête et esquissa un sourire lorsqu’il m’aperçut.
Quelques minutes plus tard nous étions les bras l’un de l’autre comme deux cul de jattes à qui on avait rendu leurs jambes. Soudain, il se mit à pleurer. Ne sachant que faire à ce moment là, je lui demandai s’il souffrait des jambes ou même du dos. Il savait que je connaissais des sorts de soins et qu’il suffisait qu’il me demande pour que je le soigne. Mais au lieu de ça, il me dit d’une petite voix qu’elle était plus belle que dans ses rêves et qu’elle avait réalisé son rêve.
Me moquant de lui je repris « mais ton rêve est de devenir le plus grand des musiciens et non de rencontrer une femme-plume ».Tout sourire dehors, il releva la tête et arrêta de pleurnicher, mon petit frère me regarda droit dans les yeux puis porta son instrument à la bouche.
Le son qui en sortit ne fut pas le même qu’avant, il ne fut pas non plus comme celui de la femme-plume, il était, autre, mais tout aussi merveilleux. Mes jambes se coupèrent je tombai à genoux pour la seconde fois. Mon frère recula et tout en continuant à jouer, il partit par le petit sentier qui longeait le lac et qui partait vers le sud. La musique devint inaudible mais je ne pus me relever. Le soleil lui par contre se leva, le vent se remit à souffler et du bruit se fit entendre dans le sentier. Ce ne fut pas mon frère, les hommes avaient des barbes et se baladaient avec des cannes à pêche.
Ils m’aidèrent à me relever et me raccompagnèrent chez moi.

Je ne l’ai jamais revu depuis, et il me manque parfois. Je sais qu’il est vivant mais je ne sais quels choix guident ses pas. Alors faite très attention mes amis.
Il existe dans nos contrées un homme qui peut par un simple air de musique, vous mettre à genoux…”

Ôde à Faun

Anonyme

Si par hasard l'un de nous t'approche
Garde donc un oeil sur tes poches
Mais réjouis-toi ô voyageur
Car ton malheur fait notre bonheur

Moitié vivants, moitié ombres
Nul ne connait notre nombre
Nous surgissons tout en douceur
Et disparaissons en vapeur

Dans la nuit un soupir étouffé
Est-ce un rêve, un fantôme, une fée ?
En tout cas si ce bruit vous effleure
Ce n'est surement pas un voleur

Braves mais jamais téméraires
Rien chez nous n'est suicidaire
Mais ne croyez pas que nous ayons peur
Car se joue du dragon le voleur

Nous dédaignons les besogneux
Fonctinnaires peu audacieux
Nous n'avons pas les mêmes valeur
Nous ne sommes que des voleurs

Du fond des mines aux hauteurs du volcan
Du fond des bois à l'océan
Fortains démons ou prédateurs
Rien ne peut stopper les voleurs

Et toujours après les batailles
Il est l'heure de la ripaille
Et personne jamais ne nous pleure
Car jamais l'un de nous ne meure

Ne nous croyez pas invulnérables
Même d'entre nous le plus redoutable
Reste un être doté d'un cœur
Pas forcément calculateur

Le Papillon

Par Maicifretny

C'est l'histoire d'un papillon
D'un papillon à la beauté multicolore
Qui volait virevoltait dans le ciel bleu
Et derrière
Derrière le papillon qui allait nulle part
Un humain qui courrait
En battant des bras seulement pour battre des bras
En battant des bras parce que ça lui chantait
Et derrière l'humain libre
Un filet
Et le filet emprisonna l'humain
Et lui arrêta de battre des bras parce que c'était trop dur
Trop dur de les battre sans raison
Alors il commença à penser et à analyser
Analyser toutes ses actions et ses pensées
Son coeur s'alourdit il se prit trop au sérieux
Et quand il fut trop lourd son coeur
Il s'arrêta
Une aiguille le transperça
Et on le plaça dans une exposition
La collection des humains qui ne volent plus.

“ Le jour où je ne voudrai plus courir après les papillons, je serai prêt à mourir. ”

Papillons

Ode à Deedlit

Par Arkkan

Tel un rayon de lumière tu as éclairé ma vie,
Des l'instant où de ta dague tu as failli me tuer,
J'ai alors compris qu'a jamais nos vies seraient unies,
De ce fait, pour toujours mon coeur sera envouté

Et que dire de quand, subitement, tu m'as malmené,
Si ce n'ai que j'ai été encore plus subjugué,
Par ta ô combien légendaire et formidable beauté

Ici, je te donne en présent ces quelques lignes,
Afin de te montrer à quel point je t'apprécie,
Et de t'encourager telle une contagion maligne,
A continuer à me montrer ainsi ta sympathie

Ô Deedlit, ton nom résonne sans cesse dans mon esprit,
A chacun de mes souffles, à chacune de mes pensées,
Ta beauté, et ton sourire, tels une litanie,
Me reviennent en mémoire et me font espérer

Que, un jour nous pourrons, ensemble tous les deux,
Vivre de ces moments fantastiques et merveilleux,
Qui, à la vie, donne un sens lorsqu'on est amoureux.

Ode au poil

Par Kokopelli

(Écrit le 28 Janvier 2010 - Lieu : BoisDoré)

Sur la place du village de Boisdoré, un petit barde grimpe sur un tonneau, et sans se soucier de ce que pourrait penser le chaland, entreprend de se déshabiller, au vu et au su de tous !

Il ôte le haut de son vêtement, mais a tout de même la décence de conserver son pantalon. Ce petit bout d'homme aux oreilles pointues, au regard oblique, au dos bossu qui n'est plus dissimulé aux yeux de chacun, au chapeau enfoncé de guingois sur la tête, est également remarquable par l'impressionnante toison qui orne son torse : une forêt de poils sagement ordonnée, qui pointe également sur les épaules, et commence à s'étendre sur la bosse.

“'Le poil' est le titre du poème qui suit,
Que je m'en vais conter pour tromper votre ennui.”

N'ayant cure de savoir si quelque regard de travers se pose sur lui, le barde écarte les bras, et entonne d'une voix étonnamment puissante pour un si petit être.

“Au creux de mon nombril, mon préféré se niche,
Aggloméré avec quelques fibres laineuses.”

Le barde saisit dans son nombril une peluche de poils, qu'il hume délicatement, son visage exprimant une profonde extase.

“Imbibée de sueur, odorante et soyeuse,
Que j'aime extraire cette précieuse bouliche !”

Le barde délaisse alors sa peluche, et fronce les sourcils de manière exagérée, prenant ainsi une expression contrariée bien visible malgré son grand chapeau.

“Je déteste au contraire celui qui toujours
Se coince entre mes dents en plein effort buccal…“

Le barde interrompt sa diction, et fait mine de retirer d'entre deux dents un poil fictif qu'il brandit devant l'assistance.

”… Forçant l'interruption de ce plaisir labial
Pour aller extraire ce petit tue l'amour !”

Jetant au loin le fictif impétrant, le barde prend alors une pose héroïque, les mains posées sur les hanches, un pied en avant sur le rebord du tonneau.

“Ma fierté est mon chef, long de dix centimètres,
Qui fièrement s'érige sur mon téton droit !”

Illustrant son propos, le barde saisit effectivement un poil, bien réel celui-ci, qu'il tire doucement, prenant garde de ne pas l'arracher par mégarde. Ceux qui se tiennent assez près peuvent apercevoir ce poil, qui est à vrai dire de belle taille.

“Sur mon torse velu, c'est lui qui fait la loi,
Et sur des milliers de troupes il règne en maître !”

Le barde lâche son poil, et se lisse délicatement le torse au niveau du téton droit, afin de lui faire reprendre sa place. Il saisit alors le bord de son chapeau, le soulève d'un geste, et le jette à terre devant le tonneau, dévoilant ainsi une crinière aussi hirsute que ses poils sont dociles.

“Sur mon crâne se dresse un parc d'attractions
Où s'ébattent gaiement non seulement des poux…“

D'un geste ample, le barde passe fièrement sa main sur son torse, du cou jusqu'au bord de son pantalon.

”… Mais aussi, grâce au pont entre pubis et cou,
Leurs cousins facétieux que sont les morpions !”

Le barde écarte les deux bras, les paumes grandes ouvertes, dans un geste grandiloquent exprimant la fierté sans borne qu'il éprouve à arborer de la sorte son torse velu.

“Ces poils qui me couvrent dans ma totalité
Sont les meilleurs témoins de ma virilité !”

Achevant ainsi son ôde au poil, affichant un grand sourire satisfait, le barde s'incline en secouant devant lui un chapeau imaginaire, le sien étant toujours à terre, au pied du tonneau, attendant peut-être l'obole d'un spectateur amusé par le poème.

Ou comment attirer l'attention - Chroniques présentes des temps oubliés

Par Azelun d'Aexarn

(Écrit le 16 Novembre 2007 - Lieu : BoisDoré)

Il sortit tranquillement de la taverne avec pour seul bagage sa Harpe sous le bras. Il fit quelques pas comme s'il cherchait à se remettre d'un bon repas et trouva une bonne place au soleil. Il regarda les gens présents et d'un sourire léger, se mit à jouer un peu de musique en pinçant les cordes de la Harpe.

Bel instrument à la sombre couleur ébène ponctuée de points dorés qui pour plus avertis pouvaient capter des entrelacs rappelant peut être des runes. Mais pour l'heure, la beauté des notes cristallines envahissaient la place et berçaient les sens d'une douceur extraordinaire…

Il sembla avoir attendu la présence de son apprntie pour lui permettre d'écouter. Ce fut alors le commencement d'un air plus mélodieux mais aussi un air grave, posé et dont les notes donnaient frissons tant par la beauté des notes mais par le ton grave de sa voix qu'il prit alors :

[Sur l'air du chant des partisans]

“Ami, entends tu le réveil des dragons dans la plaine
Ami, connais tu la raison qui les pousse à la haine ?
On parle d'une guerre qui eut lieu à l'aube des temps et des âges
Ami, entends tu le blizzard qui souffle avec rage

Oyez Odyssée, érudits et chevaliers, prenez garde
Rôdeurs, écoutez les chroniques racontés par les bardes,
Enfants des Anciens Dragons brisent leurs chaînes passées
Des siècles de ruse ébranlés par totem sacré

Ce jour la lumière sera faite sur l'essence de ce mythe
Huit Vers Arcaniques endormis par subtil et sombre rite
Ce jour Odyssée connaîtra la cause du sang et du conflit
Un orbe dérobé aux arcanes envoyées dans l'oubli

Ami, entends tu la complainte du barde qui t'avertit
A l'aube du jour renaîtra les vieux dragons de l'oubli
Demain soit trouvé l'Orbe ancien disparu dans les limbes
Chantez répétez vérité que ces notes les nimbent”

L'air changea et sur le ton de la narration accompagné de notes, résonnèrent ces paroles autres :

“Que brûle son feu ardent
Bruleur d'âmes, d'enfants
FUEGO le Flamboyant

Que prospèrent sous ces cieux
Fils qui accomplit les voeux
DAEAR, le généreux

Les bourrasques en temps venteux
Viendront enfants tumultueux
D'OURANOS le tempétueux

Par le Totem délivre
Celui qui invite à suivre
Enfant de SALV de givre

Existerait il de celle
Enfant de l'éternelle
De DAM l'Immortelle ?

De ruse et de Filou
Échappa-t-il au courroux
Des temps, nommant SHINKORU ?

Luisant aux écailles dorées
Fut progénitures bien-nés
De LUX l'Immaculé

Aux ténèbres corruptibles
Seront les fils horribles
De DUNKEL le terrible”

La mélodie se fit entêtante comme s'il voulait que les notes s'imprègnent à travers les esprits et reprenant :

“Soit l'avènement des temps du Réveil arrivé
Partout en monts et par vaux et par Odyssée
Seront progénitures d'Ashura réveillés
Ainsi que leur ancestrales batailles menées

Soit l'avènement des choix à chacun destiné
De suivre les Enfants de chaque arcane livré
Ou de combattre alors ces dragons réveillés
Mais serait ce alors erreur option simplifiée

L'Ennemi de mes ennemis sont mes amis
S'apprête à être entendu fracas de conflits
Car se réveillent les Dragons étant endormis
Par la ruse, mais seront les alliances sauvant vies”

Il termina alors comme pour reprendre son souffle et laissa à chacun les images de ce que ses mots évoquaient et sourit alors car sembla t il, Aegil allait faire montre de présentation… Laissant son panache au sol attendant l'obole d'un public peut être généreux !

Poème pour la Lune

Par Diona

Lune

Le Soleil se levait pour contempler mon visage, alors que je lui cachais mon ombre aussi noire que mes pensées.
Son reflet sur ma lame produisait un éclat pur, tandis que le sang coulait dans la poussière qui le coagulait.
Et je m'écriais: “Viens, viens a moi, Astre du Jour”, ce qu'il fit pour mon amour.
Assis face a moi, l'astre qui avait été roi, de la lame de mon ombre alors étirée autour du monde fût tue et tomba d'un trait dans sa tombe.

Car enfin, tant de lumière, si ce n'est que pour plaire… Ne vaut-il pas mieux les brumes lorsque l'on sert la Lune?

Quand les elfes virevoltent...

Par Maicifretny

(Écrit le 02 Avril 2007 - Lieu : Royaume des Morts)

La forme indistincte d'elfe - ici, le lecteur pourrait se demander la manière de distinguer l'âme d'un elfe de toutes les autres âmes possibles, et la réponse n'est pas simple, il s'agit de voir la gracilité et la grâce d'une âme. En occurrence, l'âme d'un nain n'est jamais très bien sans son corps (le corps est comme une cave, pour un nain, et les dieux seuls savent comme ils aiment les caves), les hommes, eux, sans corps, sont portés vers un examen de conscience. Mais les elfes ? Ils sont plutôt portés à profiter de leurs mouvements, et gesticulent dans l'espace-temps avec une joie qui semble clandestine, mais qui ne doit pas l'être, enfin, sans quoi l'elfe en question serait un voleur de grand chemin, un saltimbanque sans permis de travail, enfin, on comprends bien sans autre exemple.

Pour revenir à ce que nous disions, donc, la forme indistincte d'elfe avait eu des mouvements contradictoires, au départ, elle s'était mise à virevolter-courir-penser autour de tous et chacun, puis l'âme s'était arrêtée, triste, tout de même, de ce qu'elle venait de perdre (rappelons-le, un joli corps d'elfe), mais encore, elle pensa à ce qu'elle pouvait gagner (revenir à la possibilité première, celle-là d'avant même la vie). Elle regagnait donc du mouvement.

Mais comme tout message réduit le nombre possible de message subséquent, déjà, l'existence de son âme était un problème pas banal du tout qui entravait le sens (et la possibilité, lui qui recherchait l'impossible) de sa quête (un peu folle, Il se l'était dit lui-même, et il L'écoutait, et au fond les deux se distinguaient peu, se confondaient, en un tout indigeste). L'incertitude le guettait - un moment, elle ne l'avait plus guetté, et la chose qui l'attendait, alors, c'était la déception. Mais l'incertitude renaissait à nouveau.

Et avec elle, comme nous l'avons dit, le mouvement.
Et les pensées.
Et les paroles.

Une espèce de fausse renaissance, une re-naissance d'adulte à adulte, pas d'enfant dans tout ça, malheureusement, ni de conception (les âmes enfantent-ils ?).

Il se “dirigea” près d'Uniforas, et tournoya autour de lui, comme une réponse à sa question. “Il” ? “Il” est ce qui tournoie autour de nous sans que nous le voyons (l'elfe tournoyait), “Il”, c'est ce qui nous constitue, mais également ce qui ne nous constitue pas, “Il”, c'est l'essence (oui, il parlait d'essence à toutes ces essences d'êtres), de toute chose, “Il” est ce qui nous parle, mais que nous n'entendons jamais, “Il” est ce qui n'existe pas, c'est l'impossible qui se renouvelle sans-cesse dans un mouvement magnifique de va-et-viens, “Il”, c'est le choix que tu dois faire, “Uniforas”, tu dois faire le choix d'être ou de ne pas être, total ou pas, fini ou pas, d'avoir conscience, ou pas, c'est là ton choix, ton choix, au-delà de la prière, et delà même de ton existence, et la question posée, par “Il”, ce n'est non pas qui il est, mais ce que toi, tu es, et ce que vous unit, pourquoi “Il” devient “Nous”, et qui nous sommes, moi, toi, et toi et moi, ensembles, et séparés.

Nous sommes beaux, n'est-ce pas ?

Était-ce une réponse, cette espèce de narration, pas tout à fait un dialogue, pas tout à fait une action, pas tout une idée, quelque chose d'indistinct qui voulait pourtant dire quelque chose.

L'âme bougeait, virevoltait (elle accéléra son mouvement, quand Maffer arriva, quand Dumglin arriva, elle mimait peut-être des feux d'artifices, cette âme, pour donner la bienvenue à ces deux nains guerriers, mais encore, qui sait, qui sait ce que pense une âme d'elfe, beaucoup trop à l'aise dans ce genre de lieu)…

Un poème nourrissant

Par Alvaro de la Marca

Oh buffet garni
ne te cache pas de mes amis.
Ton parfum excite mes papilles
mais ces odeurs point me rassasient.
montre toi je t'en supplie
avant qu'Hotton ne s'enfuie.

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