Je profite d'une escale sur les rives du Mnevis pour reprendre les évènements qui ont constitué mon baptême au sein de l'ordre de Phargonis. Beaucoup de temps s'est écoulé depuis, mais j'ose espérer que ma mémoire ne me fera pas trop défaut.

Après un bref passage à Balamoun, j'avais enfin réussi à trouver mon chemin vers les fidèles de Phargonis. Voilà longtemps que j'y aspirais, mais il m'avait fallu du temps pour prendre le large. Mon père s'était enfin fait à cette idée que j'allais cesser la pêche à ses côtés pour naviguer autre chose que les hauts-fonds du Mnevis. Les gens étaient peu bavards sur le port de Balamoun, et certains pêcheurs me prenaient même pour un fou quand je leur disais vouloir embarquer pour l'Océan. Seul un vieux pêcheur avait su me renseigner, relayant la rumeur qu'un fier vaisseau mouillait dans une crique à l'embouchure du Mnevis. Il ne m'en fallait pas plus pour me mettre en route. Une bonne ame avait tenu à faire le voyage avec moi, Kleberscow, un troubadour de Brumevent. Son aide fut précieuse pour l'orientation, et rapidement nous étions arrivés au sommet des falaises de cette fameuse crique. De là, l'accès n'était pas des plus facile, et alors que je me risquais au bord du vide, j'apercevais le fameux trois mats. De quoi me faire redoubler d'ardeur pour rejoindre la plage en contrebas… Je me souviens encore des quelques vers du troubadour à ce moment là :

“J'errais sans but dans les rues
quand, Drael et moi, nous nous sommes connus.
Il voulait devenir marin et prendre le bateau
mais dans le desert, il n'y a point d'eau
Alors, je l'ai accompagné dans son voyage
et nous voici à l'ocean sur son rivage”

Après quelques brassées pour rejoindre le trois mats, nous en foulions enfin le pont. Pas mal de monde discutait déjà à son bord, le capitaine Berkam bien sûr, l'Elu de Phargonis Haplot, Nibiru et d'autres, qui n'étaient encore pour moi que des inconnus. Il était question de divers sujets, dont un nécromancien, un Kraken et une probable expédition. L'heure était grave apparemment, mais peu m'importait, je venais d'atteindre mon but. Je parvins à me faire embaucher dans l'équipage sans difficulté, et déjà je me sentais à l'aise sous les ordres de Berkam, bien que je n'avais aucune idée de ce qui m'attendait.

Là encore, Kleberscow nous gratifia de quelques vers dont il avait le secret.

“A la vision de l'invincible
Un trait de joie fut visible
sur le visage de Drael
“Ce bateau est-il vraiment réél ?”
Pour verifier, nous embarquâmes
Et nous rencontrions le capitaine Berkam.”

A bord, j'écoutais attentivement les conversations, mais n'étant pas au fait des évènements il était difficile pour moi d'en saisir l'enjeu. Je compris simplement qu'une bataille se préparait. Nous descendîmes ensuite de l'Invincible pour rejoindre la plage, endroit plus stratégique pour organiser le combat comme l'avait souligné Haplot, car un combat en mer réserve quelques surprises, notamment si quelqu'un tombe à l'eau… Je dénombrais plus de 15 combattants rassemblés ici pour faire face à… Je ne savais trop quoi. Je compris plus tard qu'il était question d'un nécromancien, Markus, suffisamment puissant pour prendre le contrôle d'un Kraken et ainsi faire peser sa menace sur le continent. Mais comme l'ennemi ne daignait pas se montrer, l'impatience eut raison du Capitaine, et je me souviens encore de ses mots.

“-VAEKEL !! ELERAN !! DRAEL !!! AGITEZ VOS PTITS CULS!! ON LEVE L'ANCRE !!! … On va servir d'appat !”

Je grimaçais : je savais à peine me battre.

A la suite de Berkam et Kern, à la nage, je regagnais l'Invincible. J'eus à peine le temps d'en fouler le pont que déjà la mer s'agitait. L'Invincible ballotait de plus en plus, les vents s'accélérèraient. Au loin, nous pouvions distinguer la naissance d'une grande vague, d'un raz de marrée qui s'approchait. Quelques tentacules, des ailerons et de longues queues émergeaient de l'eau, laissant penser que cette énorme vague était provoquée par le déplacement de ces créatures. Aussitôt je me tournai vers la plage pour la rejoindre, mais il était déjà trop tard, les bestioles étaient déjà là, bloquant tout repli vers la terre ferme…

Je dénombrais rapidement les forces en présence : douze des leurs contre quinze des nôtres, incluant nos alliés. Et parmi nos ennemis, d'imposantes créatures : Arkansis, Reine des Abysses, des plus impressionnante ; Gyfreg, l'homme crabe tout aussi imposant ; Banili, créature élancée aux doigts aiguisés… Et pour les accompagner, requins, tritons et sirènes corrompus. Tous commençaient à tourner autour du navire. Haplot et Shaïtan, l'Elu et l'Harkebi, furent les premiers à lancer les hostilités. Malgré le bruit des vagues et des prémices de la bataille, nous pouvions entendre un air joué par la harpe d'Azelun. Une seule pensée occupait mon esprit : ne pas tomber à l'eau. Candide, je m'imaginais à l'abri ; presque en sécurité tant que nous étions sur le navire. Mais les requins me montrèrent rapidement que le navire n'était aucunement un obstacle. Alors que Kern et moi armions la catapulte, je vis surgir l'un d'eux sur le pont, debout, aux prises avec Berkam pour tenter de le pousser à l'eau… Mais ne déstabilise pas le vieux loup de mer qui veut ! Le Capitaine menait la danse face aux requins et nous laissait un peu de champ libre. Je me souviens de l'effroi qui me traversait à cet instant : nous étions trois, bloqués sur le pont, encerclés par l'armée du Nécromant. Malgré tout, nous continuions notre tâche, et bientôt nous envoyions un premier boulet dans le ciel, projectile qui finit par retomber violemment sur cette étrange créature mi-crabe mi-homme. La violence du choc était évidente, mais nous étions incapable de dire si la bête en avait été réellement affectée. Dans le même temps, une sirène apparut à son tour sur le pont. Non pas la sirène telle qu'on la raconte aux enfants dans les ports, non, mais une sirène corrompue, aux tétons remplacés par des mâchoires acérées, hideuse mais malgré tout enivrante… Difficile de décrire la sensation que l'on éprouvait en face d'elle. Monstreuse et attirante, paradoxe dont mon compagnon Kern faisait déjà les frais. Pris dans le feu de l'action, nous ne prêtions pas vraiment attention à ce qui se tramait sur la plage. Et lorsque j'y jetais enfin un oeil, je vis Haplot invoquer un mur d'air de la pointe de son trident, protégeant ainsi la plage de toutes attaques physiques des assaillants. Désormais, l'Invincible trônait seul au centre de l'armée du nécromant, tandis que de l'autre côté du mur d'air, nos alliés étaient à l'abri sur la plage.

Nous étions alors devenus une cible privilégiée, la seule à vrai dire, et très vite le pont de l'Invincible se peuplait d'autres requins et tritons. Il ne leur fallut que quelques instants pour me mettre à genoux, presque inconscient. La sirène continuait aussi son horrible chant à mon encontre, et je succombais bien plus vite que Berkam ou Kern. Je ne dus mon salut qu'aux soins de Nibiru, guérisseuse dévouée qui me maintenait en vie depuis la plage. Tandis que je me relevais difficilement et occupait nos assaillants, Kern tentait de préparer une nouvelle salve avec la catapulte. Mais la Reine des Abysses se joignit à la partie par ses cris stridents, ne nous laissant aucun répit sur le pont. Mes oreilles étaient proches de l'implosion. Quand je repris mes esprits, j'eus à peine le temps de constater la disparition du Banili que de nouveau les machoires du requin se plantaient dans ma chair. Je m'évanouissais encore. J'ignore combien de temps j'étais resté inconscient, baignant dans mon propre sang sur le pont. Je saurai simplement dire qu'à mon réveil, Berkam était lui aussi étendu sur les planches, du sang ruisselant de ses oreilles percées par les cris stridents d'Arkansis, et le corps meurtri des nombreuses attaques de tritons.

Sur la plage, nos alliés ne restaient pas inactif, mais il était difficile pour nous de percevoir leurs faits et gestes. Nous ne sentions jusqu'ici que leurs soins qui nous maintenaient tout juste en équilibre sur le fil de la vie… Le mur d'air invoqué par l'Elu de Phargonis semblait tenir bon et les préserver des attaques. Mais depuis que ce mur avait été érigé, nous, sur le pont, encaissions de plus en plus de coups. Berkam était au tapis, je vacillais, et Kern se défendait tant bien que mal.

La Reine Arkansis partit rejoindre le Banili à l'abri des regards, régénérant au passage les plaies des siens. Ce repli stratégique de nos adversaires ne nous laissa que peu de répit. Quelques notes d'Azelun parvinrent jusqu'à nous et semblaient réveiller le vieux loup de mer qu'est le Capitaine, mais bientôt c'est moi qui succombait à nouveau sous les mâchoires d'un requin. Une fois de plus, j'embrassais le pont de tout mon poids. Et cette fois, c'est le souffle de Phargonis, invoqué par Vaekel le frère du Capitaine, qui me remit d'aplomb. Il fallait cependant se rendre à l'évidence, nous étions acculés, et ce n'était qu'une question de temps avant que nous ne cédions pour de bon.

Du pont de l'Invincible, nous pouvions difficilement l'entendre, mais nous pouvions apercevoir Haplot qui s'employait à organiser les assauts magiques de nos alliés. Lui-même faisait honneur à sa qualité d'Elu de Phargonis, ne se contentant pas de maintenir son mur d'air, il envoyait quelques salves ciblées sur cette sirène, car c'est bien elle qui constituait la plus grande menace à bord. Une aura sombre et glacée traversa le mur pour venir atteindre l'immonde sirène, provoquant au passage de sourds craquements dans la coque du navire. Haplot semblait être le seul à imposer sa loi dans la bataille, et aucun de nos ennemis n'avait réussi à mettre à mal sa puissance. Peu avaient même eu l'audace d'essayer. Seul un requin voulu s'y frotter en tentant de traverser le mur, et malgré l'élan qu'il avait pu y mettre, le squale s'était vu renvoyé aussi sec, bien sonné par le choc.

Haplot focalisait un peu plus l'attention, nous laissant un peu répit sur le pont. Un répit de courte durée, car si Arkansys s'était retirée quelques instants, c'était pour prendre suffisamment d'élan et s'élancer à pleine vitesse dans l'eau, jusqu'à venir heurter la coque de l'Invincible. Ses pattes puissantes et acérées ouvrirent une brèche dans la cale de l'Invincible, mais la Reine des Abysses ne s'arrêta pas là : elle s'accrocha au navire et se mit à jouer de tout son poids dans un mouvement de balancier pour faire tanguer le navire et ainsi rendre précaire l'équilibre sur le pont. Nous n'étions pas loin de passer par dessus bord. Les secousses provoquées par Arkansis n'avaient pas mis un terme aux combats. Berkam semblait mal en point, le sang dégoulinait toujours de ses oreilles, mais le Capitaine continuait tant bien que mal à manier son trident avec adresse. Lui et le requin avec lequel il était aux prises se rendaient coups pour coups. Ce n'est qu'au bout d'un moment que Berkam parvint à prendre le dessus sur l'animal. Je remontais alors de la cale, où j'étais descendu chercher un nouveau boulet pour la catapulte, non sans difficultés. Je me souviens qu'il en avait profité pour nous glisser quelques ordres, dans un mélange de cris et de rire dont lui seul avait le secret.

MOUSSAILLONS TENEZ BON !!!! A MON SIGNAL FONCEZ TOUT DROIT VERS LE PONT INFERIEUR J'VAIS TENTER L'IMPOSSIBLE !!! D'EN DESSOUS ILS ARRIVERONT UN PAR UN !!!AHAHA !!!

J'avais alors hésité un instant. La sirène avait battu en retraite suite à l'avalanche de sorts provenant de la plage, Kern et moi avions donc une ouverture pour tirer une dernière cartouche. Mieux valait sans doute faire confiance à l'expérience du Capitaine, et après lui avoir apporté quelques soins, je me préparais à descendre dans la cale à son signal. Kern, de son côté, subissait de nouveau assauts de la part de son adversaire, l'autre requin. Cette fois, il subissait clairement, encaissant de lourds dégâts jusqu'à vaciller. Mais une fois de plus, nos alliés lui apportaient les soins nécessaires au fur et à mesure. Entre les secousses que continuait de prodiguer Arkansis, nos assaillants requins et les va-et-vient incessants de nos ennemis sur le pont, nous fûmes incapables de nous extirper de cette situation au signal de Berkam. L'idée de descendre était excellente, mais irréalisable dans l'immédiat.

Alors que j'attendais une ouverture pour me faufiler, je sentis une lame se glisser contre mon cou. Le banili, disparu un moment, venait de réapparaitre juste derrière moi. La créature avait escaladé la coque du navire silencieusement pour se glisser dans mon dos et me prendre en otage. Je baissais les yeux vers ses griffes : de véritables lames de rasoir. De sa main libre, il s'empara de mon poignet pour m'amener où il voulait : la catapulte. J'osais à peine respirer, tétanisé tandis qu'il m'utilisait comme un bouclier humain. Le moindre écart de ma part, la moindre tentative d'un de mes compagnons, ou la moindre intervention depuis la plage aurait suffit à ce qu'il me tranche la gorge. J'obtenpérai, contraint. Tout le monde avait compris je pense. Son but était simple : me faire armer la catapulte et envoyer notre dernier boulet sur le mur d'air érigé par Haplot. De quoi percer la défense de nos alliés plagistes.

Curieuse créature que le Banili. A la fois fascinante et effrayante, la bestiole était fine et élancée, son corps n'était pas couvert d'écailles ni de carapace, et même s'il semblait frêle au premier abord, je le voyais comme le plus redoutable de nos ennemis. Il ne possédait ni branchies, ni bouche, ni ouïes, mais communiquait sans mal avec son entourage, et pour cause : c'était un télépathe hors pair. J'avais l'impression que ses yeux noirs lisaient dans mes pensées, et je ne voyais que ses longues griffes aiguisées.

L'Invincible continuait de tanguer sous les mouvements d'Arkansis, qui persévérait dans son entreprise pour faire sombrer l'Invincible. A chaque secousse, je sentais le fil du rasoir se frotter contre ma gorge. Je me maudissais d'avoir remonté ce boulet sur le pont. J'avançais le plus lentement possible, histoire de temporiser tant bien que mal. Je réfléchissais à mes options et celles-ci me semblaient plutôt minces. Avais-je seulement une chance de rester en vie ? Rien n'indiquait que le télépathe me laisserait la vie sauve si j'obtempérai. Pouvait-on avoir confiance en un être aussi fourbe ? L'idée d'envoyer ce dernier boulet sur l'homme crabe m'effleura l'esprit, mais je songeais aussitôt à la pointe du Banili qui me transpercerait alors. Cette pensée me glaçait le sang. Et puis, l'animal s'en rendrait probablement compte avant même que j'arme la catapulte. Qui sait, peut-être même était-il déjà au courant de mes moindres pensées… Le dilemme qui s'offrait à moi était clair : trahir mes amis en dirigeant la catapulte vers le mur d'air et nos alliés et ainsi peut-être grignoter quelques instants de vie supplémentaires ; ou alors tenter d'orienter l'arme contre un ennemi et me sacrifier en héros par la même occasion. Avec le recul, en considérant que j'allais mourir dans tous les cas, il aurait été logique que je me sacrifie pour préserver les miens. J'aurai aimé en être capable. Et pourtant j'obtempérai, m'approchant de la catapulte d'un pas lent, tel un condamné à mort vers l'échafaud.

La menace avait aussitôt fait réagir nos alliés plagistes. J'entendis rapidement la voix d'Azelun, l'Aède, qui faisait résonner une douce mélodie dans mon esprit, m'invitant à saboter mon outil. Mais en même temps, le bougre me paralysait. Je ne pouvais plus bouger, j'étais figé, immobile sur le pont. Je crus un instant que le barde venait de signer mon arrêt de mort en m'arrêtant ainsi. Je m'attendais à voir la lame du Banili me transpercer, et j'espérais que ce soit le plus bref possible. Avant que le Banili ne réapparaisse, la bataille semblait s'enliser dans une macabre routine. Nos assaillants s'en prenaient à nous trois, exposés sur l'Invincible, alors que nos alliés nous prodiguaient juste les soins nécessaires à notre survie, tandis qu'ils restaient protégés derrière le mur d'air érigé par Haplot. Le retour du Banili eut au moins le mérite de débloquer la situation. Car les choses évoluèrent soudainement sur la plage.

D'un geste brusque, Haplot rejeta le mur d'air, l'envoyant au contact de l'homme crabe et d'autres ennemis. Le choc fut violent, mais tous survécurent. Le mur n'était plus. Nous n'étions plus seuls… Mais j'étais toujours paralysé et la lame du Banili frottait toujours contre ma jugulaire. Impassible, le télépathe ne semblait pas décidé à m'embrocher, au contraire : il me prodigua quelques soins rudimentaires, juste de quoi me maintenir en vie et à son service. Je retrouvais alors mes moyens. Du coin de l'oeil, je voyais la bataille s'engager sur la plage, l'Elu en première ligne. Toutes les créatures où presque s'étaient tournées vers la côte. La Reine Arkansis avait cessé son travail de sape sur la coque de l'Invincible pour se tourner vers Haplot. Je ne voyais plus Kern à bord, ni son adversaire de requin, sans doutes tous deux tombés à l'eau. Le pont semblait désormais presque désert, seuls avec nous restaient Berkam aux prises avec ses tritons. Le Banili relacha un peu sa prise pour me laisser travailler. Je sentais desormais la pointe de sa griffe dans mon dos, juste au niveau de mon coeur, prête à me transpercer au moindre mouvement suspect. Sa proposition était désormais claire : tirer sur mes alliés avec la catapulte et il me laisserait vivre ; ou résister et mourir. Tandis que je m'affairais le plus lentement possible autour de la catapulte, je vis Berkam se jouer de ses adversaire et se lancer dans un grand plongeon en direction de la plage. Cette fois, j'étais seul avec mon agresseur. Il n'était pas dupe face à ma lenteur d'exécution. Je sentis sans tarder ses lames m'écorcher le dos : le message était clair. Je maudis ostensiblement l'Aède de m'avoir arrêté. Puisque le Banili m'offrait le choix de la cible, je lui laissais entendre que c'est vers le barde que j'orienterai la catapulte. La créature voulait agir vite, et je lui fis alors comprendre que seul, je ne pouvais armer la catapulte aussi rapidement. Il me faudrait de l'aide, son aide, puisque Kern n'était plus à bord. Cet échange avec Banili restera à jamais dans ma mémoire. Le télépathe ne parlait pas, il communiquait directement dans mes pensées. Si bien qu'à un moment donné, mon esprit était directement lié avec le sien. Je pus sentir qu'il avait baissé sa garde, touché par une certaine empathie à mon égard, alors que les miens m'avaient oublié ou presque. Puis son esprit se ferma brusquement, il s'était rendu compte de cet échange involontaire. Il me somma alors d'en finir. Sur la plage, la bataille faisait rage et il me semblait voir quelques uns de nos ennemis tomber alors que des renforts arrivaient au compte-goutte. Nous nous mîmes d'accord pour cibler Azelun. Après tout, c'est lui qui avait joué avec ma vie en me paralysant. J'orientai la catapulte en sa direction et je me mis à prier Phargonis du plus profond de mon être.

J'inspirai un grand coup, et résigné, je pris le dernier boulet en main, comme pour en armer la catapulte. Fatigué, je m'appuyais contre le bastingage avec le projectile. Le Banili semblait moins vigilant. Je saisis l'occasion pour me débarrasser du boulet, le laissant tomber à l'eau dans une fausse maladresse. Dans le même mouvement, j'enjambais le bastingage. Aujourd'hui encore, je continue de penser que ma prière fut entendue par Phargonis, car une vague vint heurter l'Invincible à ce moment précis, le faisant tanguer pour me pousser à la mer plus rapidement. En tombant à la mer, je sentis la lame du Banili tracer un sillon au creux de mon dos, me laissant une longue cicatrice que je porte encore aujourd'hui. Je ne m'explique toujours pas ce geste. J'ai la certitude que mon ravisseur aurait pu me transpercer avant que je ne quitte le pont, au lieu de ça il me laissa une simple cicatrice en guise de souvenir. Là aussi, j'aime penser que c'est l'oeuvre de Phargonis… Ou que cette créature n'était pas si corrompue qu'on pouvait le penser.

Même en aillant échappé au Banili, mon espérance de vie une fois dans l'eau restait minime, c'est sans doute pour cette raison que le télépathe se désintéressa de moi. D'ailleurs, les tritons eurent vite fait de prendre sa relève pour me harasser. J'engageais alors avec eux un simulacre de bagarre sous marine, plongeant plus profond pour leur échapper, mais je n'y arrivai guère, et me retrouvai rapidement inconscient, mon corps flottant à la surface, au milieu d'une mare de sang. Une fois de plus, je ne dus mon salut qu'à la bienveillance de Nibiru, guérisseuse dévouée qui me ranima avant que je ne puisse me noyer. Je restais aux prises avec les tritons, me débattant tant bien que mal, mais petit à petit, j'avançais vers la plage. Les vagues gênaient ma progression, mais je devinais la bataille faire rage sur la plage. Pour progresser un peu plus vite et échapper aux agresseurs, je plongeais en profondeur de temps à autre. Quand je remontais à la surface, je sentais que mon ange-gardien veillait toujours sur moi malgré les combats. Plus je me rapprochai et plus je sentais mes forces se rassembler sous les soins de Nibiru. Bientôt elle fut même relayée par Héméra et Kayla. J'y étais presque.

Levant la tête de temps à autre, je pus constater que Banili avait lui aussi quitté le navire pour se rapprocher de la plage. La bataille s'engageait vraiment. Arkansis, elle, se tenait devant Haplot sur le sable. L'Elu et la Reine des abysses étaient aux prises, mais la bestiole peinait à toucher l'elfe et avant que sa riposte ne se fasse sentir, l'Harkebi vint à l'assaut d'Arkansis lui aussi, distribuant de puissants coups. Bien amochée, la Reine agonisait, et c'est l'Elu lui même qui lui porta le coup fatal. Non rassasié, Shaitan enchaina en se portant au contact du Banili. Il se rendit bien vite compte que sa hache ne lui serait d'aucune utilité face à cette créature. Difficile de dire comment ce drôle d'être pouvait encaisser de tels coups sans broncher… Sa contre-attaque ne se fit donc pas attendre, et le télépathe put alors montrer l'étendue de sa maitrise des abysses. Des formes apparurent devant lui, cernant l'Harkebi : quatre humanoïdes invoqués par le Banili surgissaient des eaux. Si Shaitan avait semblé impuissant face au télépathe, la réciproque de se vérifia pas, car les invocations du monstre portèrent rapidement atteinte au maitre d'armes de la Pyramide. Le duel s'annonçait des plus difficile pour le général de Balamoun, alors piqué au vif et intrigué par celui qui m'avait épargné un peu plus tôt.

En me rapprochant de la plage, j'entendais de nouveau la voix d'Azelun qui perçait dans le bruit des combats, accompagnée d'une mélodie qu'il jouait, secondé par Kleberscow. Je ne savais pas ce qu'ils tentaient à ce moment. J'appris plus tard qu'ils essayaient de faire entendre raison aux créatures abyssales, aux sirènes notamment, muses souillées à leurs yeux. Mais cet air envoutant ne perturbait pas que nos ennemis, moi aussi j'en faisais les frais, distrait, je me détournais de mon objectif, je ralentissais contre mon gré. Les couplets des bardes étaient efficaces certes, mais je n'y étais pas préparé, et les créatures abyssales ne furent pas les seules à en souffrir. Je continuais de nager, mais j'avais de plus en plus de mal à m'en tirer. Je gardais tout de même un oeil sur la plage où l'Harkebi finit par dégainer sa lourde masse pour l'écraser sur le Banili. Contre toute attente, la fascinante créature ne s'en releva pas. Je ressentis alors une sorte de pincement au coeur face à la mort de mon “ravisseur”. Aussi cruel et abyssal qu'il soit, il m'avait laissé la vie sauve, ou du moins une chance de la sauver, et j'aurai sans doute préféré que ce drôle d'être puisse être épargné. Mais la victoire commençait à se dessiner et c'est bien là tout ce qui comptait, même si je nageais toujours au ralenti.

Ce n'était pas le cas de Berkam et Kern, qui réapparurent sur la plage. L'Océan avait finit par les recracher au coeur de la bataille, sains et saufs. Je restais encore à bonne distance de celle-ci, toujours à la lutte avec mes tritons. D'ailleurs, je ne m'en sortais pas, j'avais du mal à parer leurs coups tandis qu'ils voyaient mes attaques venir à des kilomètres. Une dernière fois, mon salut arriva de la plage. Ils furent plusieurs à concentrer leurs arcanes sur mes chasseurs tritons. Je leur dois sans doute la vie, à eux aussi, car les tritons trépassèrent sous une pluie d'éclairs. Je reprenais alors de la vitesse et finit par enfin poser le pied sur le sable humide, mal en point, mais vivant. C'est alors que je constatais l'ampleur réelle des combats. Certes Arkansis, Banili et quelques tritons n'étaient plus, mais restaient encore quelques requins, d'autres tritons et bien sûr Gyfreg, l'homme crabe ainsi que les sirènes. L'homme crabe mobilisait l'attention, étant probablement le plus redoutable. Cependant il y avait autre chose, quelque chose que je n'avais pu percevoir alors que je nageais. Héméra avait disparu. Non, elle n'avait pas déserté, elle avait disparu, subitement comme happée par le sable ou par quelque chose dans le sable. La plage, zone que je cherchais à atteindre comme un havre de paix depuis si longtemps s'avérait tout aussi dangereuse de l'Océan. Certains se réfugièrent sur les rochers, d'autres grimpèrent en haut de la falaise pour tenter de distinguer quelques mouvements sous-terrains, mais nous restions sans solution véritable face à cette disparition, et les combats continuaient, la Templière en moins.

La bataille faisait toujours rage au bord de l'eau. J'avais enfin rejoint la terre ferme et je réalisais alors que quelques renforts étaient encore arrivés. Parmi eux, un étrange druide, que je n'avais pas remarqué jusqu'alors, trop occupé à sauver ma peau. J'étais tout juste arrivé sur la plage que je constatais déjà sa pleine concentration, il bafouillait des paroles incompréhensibles, incantant je ne savais quoi. Le sable se mit à bouger, la terre à trembler autour de nous, nous déstabilisant presque. Soudain jaillirent plusieurs geysers bouillants. L'eau brûlante venait frapper la première ligne, emmenant tous ceux qui s'y trouvaient. L'homme crabe et un requin, mais aussi Vaekel qui hurlait de douleur sous l'attaque alliée. Tous trois furent projetés à plusieurs mètres du sol. Même notre Elu fut emporté, mais il ne semblait pas souffrir des brûlures que les autres n'avaient pu éviter. Thor venait de faire autant de dégats dans nos rangs que chez l'ennemi. La tension montait au sein de notre propre camp, le Capitaine appréciant assez peu de voir ses hommes malmenés ainsi.

Mais il était encore trop tôt pour les règlements de compte, la bataille n'était toujours pas finie, l'homme crabe toujours debout, entre autres. Il était devenu la cible prioritaire. Immobilisé d'abord, c'est ensuite la première ligne qui y mettait du coeur, Berkam, Raph, Shaitan oeuvraient pour le faire enfin tomber. L'Aède aussi participait s'acharnant sur l'homme crabe. Le coup de grâce finit par venir de l'Elu: une vague pleine de puissance et de maitrise vint emporter Gyfreg : il était enfin vaincu. Puis ce fut le tour des tritons et des requins contre lesquels bon nombre d'entre nous s'acharnaient.

C'était le moment choisi par les sirènes pour revenir au devant de la scène. L'une d'entre elles, dressée sur un rocher, se mit d'ailleurs en évidence alors qu'elle semblait affectée de voir ses alliés tomber et souffrir de plus en plus sous nos coups. La sirène se mit à chanter. Ou plutôt hurler, car c'était bien éloigné des chants qu'on peut attendre de ces créatures si douces d'habitude. Celle-ci était hideuse, corrompue, transpirant le pu comme un matelot saoul transpire le rhum. Son cri était affreux lui aussi, strident et plein de rage, une rage qui nous atteignit et nous bloqua en pleine action. Puis elle se livra à d'autres sonorités, plus douces en quelques sortes, mais qui ne nous étaient pas destinées : elle pensait ainsi les plaies des siens, leur redonnant force et courage pour poursuivre le combat. Sensible aux souffrances des sirènes, Azelun s'activait de plus en plus. Il chantait parfois, parlait tantôt, sa voix pour seule arme. La sirène se figea un instant. Un requin également. Restait encore une autre sirène qui ne restait pas non plus en reste. Azelun n'eut d'ailleurs pas à lui adresser la parole, celle-ci vint à lui directement, lui adressant les mêmes cris stridents que nous avions subits un peu plus tôt. Mais cette fois elle s'était trompée de cible et devait s'en mordre les doigts car ses effets se retournèrent contre elle avant qu'elle ne disparaisse à nouveau sous l'eau.

Les rangs adverses s'éclaircissaient peu à peu. La tension descendait d'un cran dans nos rangs, mais Hemera manquait toujours à l'appel. La suite s'organisait doucement. Il était à la fois question de chasser le nécromant à l'origine de cette invasion de créatures des abysses, mais aussi de retrouver la templière au plus vite. Les tâches se répartirent rapidement : l'ordre de Phargonis préparait la chasse de Markus, le nécromant tandis que les autres devaient en finir avec les créatures qui restaient sur la plage. Seul Thor et Azelun restèrent concentrés sur des tâches spécifiques.

De son côté, l'Aède se concentrait sur les sirènes, ces muses déchues qu'il ne supportait pas de voir ainsi. Je dois bien avouer que je ne comprenais pas bien ce qu'il baragouinait à l'époque, car je n'avais pas remarqué cette sirène au large. Celle-ci n'était pas corrompue et s'était approchée à l'appel des bardes un peu plus tôt. Si leur chant n'avait pas calmé les sirènes possédées, il avait réussi à en faire venir une saine de corps et d'esprit. Désormais, Azelun lui demandait d'intervenir, de raisonner ses soeurs pour les guérir de la corruption de Markus. Celle-ci semblait inquiète de voir une telle bataille se produire et le barde peinait à la rassurer. Il s'activait aussi à raisonner les sirènes corrompues, les confrontant à ce qu'elles devraient être sans l'emprise du nécromant. Il s'efforçait de les convaincre de résister à Markus, mais elles n'eurent pour seule réaction que de s'acharner sur lui, sans grande réussite heureusement.

Bien qu'il était peu probable qu'Héméra soit encore vivante sous le sable, Thor se lança dans un rituel à sa recherche, s'enterrant à moitié dans le sable. Son rituel sembla faire effet, car au bout de quelques minutes, nos alliés perchés sur les falaises voyaient le sable bouger, une créature sous-terraine semblait se déplacer vers le druide. Prudemment, chaque combattant sur la plage s'écartait de lui. Le sol se mit à trembler à l'approche de la bête, et en un instant, le druide fut avalé par l'animal qui retournait sous le sable. Thor avait disparu, certes, mais il avait réussi son oeuvre car aussitôt, Hemera fut projetée dans les airs, éjectée par le sable. Elle retomba lourdement sur la plage, saine et sauve ou presque.

La vie de la Templière ne tenait plus qu'à un fil, les chairs meurtries par l'acide de l'animal, mais sa réapparition montrait que rien n'était perdu dans la bataille. En deuxième ligne, je lui apportais les maigres soins dont j'étais capable, relayé aussitôt par d'autres. Les combats perduraient en même temps, quelques flèches volaient toujours mais l'Harkebi finit enfin par porter le coup fatal au dernier requin. Ne restaient désormais que le coquillage géant enseveli et les sirènes corrompues. Azelun s'évertuait toujours à les préserver tant bien que mal. Il implorait l'aide de cette autre sirène, saine de corps et d'esprit. Les sirènes monopolisèrent l'attention pendant les instants suivants, l'enjeu n'était pas de les vaincre, mais de leur rendre leur apparence d'origine, d'ôter la corruption qui les hantait. La lumière était évoquée comme une solution potentielle par l'Aède et la Templière. Notre Elu leur laissa alors cette tâche, préfèrant chasser lui-même le nécromant à l'origine de ce carnage. Il s'adressa à la sirène libre, l'invitant à se laisser guider par Phargonis pour libérer ses soeurs du joug de Markus puis disparut sous la surface de l'eau.

“-Ce n'est pas le combat de chacun…” avait-il annoncé avant de s'éclipser, comme pour signifier à chacun de retourner à ses occupations.

La traque de Markus était désormais l'affaire du TOP. Nibiru emboita le pas d'Haplot et disparut dans cet Océan rouge de sang pour épauler l'Elu dans son combat. Ils furent rapidement rejoint par Berkam qui, en bon capitaine, laissa quelques instructions à son équipage. Rester ensemble et veiller sur l'Invincible meutrit. J'aurai aimé les accompagner dans ce combat, mais je n'avais ni la force ni l'expérience nécessaire à une telle expédition. Je restais donc sur la plage, spectateur de cet épilogue.

Shaitan rassemblait ses troupes en vue d'un retour à la Pyramide. La cité était restée sans défense trop longtemps déjà et il ne voulait plus perdre une minute. Seule Cyrielle tenait à rester pour aider à ressortir Thor des entrailles de la plage ou du coquillage. Ghoram Alkan avait déjà paralysé la bête lors de sa brève apparition pour recracher Héméra. Cyrielle se pencha alors au bord du trou laissé par le mollusque géant. Elle invoqua les arcanes telluriques pour former un trou dans le sable. Malgré cela, l'animal restait toujours hors de vue.

Du côté des sirènes, Azelun restait actif. A force de discussions et de chants, le comportement des créatures semblait évoluer. Elles se montraient moins agressives, perdues peut-être. Ainsi encouragé, l'Aède recommença à chanter à leur adresse, et une première sirène sembla reprendre une apparence normale majestueuse, son apparence d'origine. Elle reprit conscience également et découvrit les vestiges du carnage, tout ce sang maculant la plage et stagnant dans les eaux. Quelques larmes coulèrent alors de ses yeux et un chant mélodieux vint à nos oreilles. Elle remerciait ainsi Azelun de l'avoir libérée puis disparut dans les profondeurs de l'Océan. Une dernière sirène restait corrompue. Témoin des oeuvres de l'Aède, elle se mit en mouvement pour fuir rapidement le combat, mais de nouveau la voix du barde résonna. Sans doute ce nouveau chant de l'Aède stoppa-t-il la créature dans sa fuite, car il finit par remonter à la surface et se tourner face à la plage et au chanteur. Absorbée, comme figée, désemparée, elle restait là. Azelun reprit ses chants de plus belles pour la libérer. Sa harpe l'accompagnait mais les minutes passaient. Je n'y croyais plus quand la sirène se laissa finalement aller à s'allonger sur un rocher. Elle s'assoupit là et doucement son aura noirâtre disparut. Elle était enfin libérée. Le sang maculait encore la surface de l'eau autour de la plage, l'Invincible éventré tronait au milieu du chant de bataille, mais tout ou presque avait finit par rentrer dans l'ordre. Cette bataille était terminée.

Il ne restait plus qu'à tirer le druide de ce mollusque enfoui sous la plage. Je dois bien avouer que je m'inquiétais alors d'avantage pour l'Invincible. Le navire était bien amoché et allait demander d'importantes réparations. Je suivis donc de loin les manoeuvres mises en place pour tirer Thor des “griffes” de la bestiole. Il y avait suffisamment de bras pour s'en occuper, et mon aide n'aurait sans doute pas apporté grand chose. Je me souviens tout juste qu'un chevalier de Brumevent était venu prêter main forte alors que la garde de Balamoun quittait finalement les lieux. Il cherchait une corde pour descendre dans le trou et tenter de se frotter au monstre. Non loin de là, il restait encore un Balamounien, Jeborian qui fit une dernière tentative pour libérer le druide, sans effet. Entre temps, une corde avait été trouvée, ou plutôt confectionnée à partir de hamacs. Alvarold Virden, le chevalier, si je me souviens bien de son nom, descendit alors dans le trou. A l'autre bout de la corde, un centaure était venu prêter main forte. Il était assité par Azelun et Hemera, tous prêts à tirer pour remonter le chevalier si besoin s'en faisait sentir. Un instant de silence alors que l'homme était dans le trou. Un instant qui paru une éternité, puis finalement une voix se fit entendre.

“-REMONTEZ MOI ! THOR EST SAUF !IL VA REMONTER PAR SES PROPRES MOYENS! NE RESTEZ PAS PRES DU BORD !”

C'est ce qu'ils firent. Tous tirèrent sur la corde et bientôt le chevalier réapparut, aussitôt suivi de Thor. Le druide, propulsé hors du trou vola dans les airs avant de regagner lourdement la plage. Il put alors nous en dire plus sur la créature, un couteau abyssal géant, corrompu comme les autres créatures. Il nous raconta également comment il en était venu à bout. Il avait essayé à peu près toutes les arcanes avec plus ou moins de succès, la créature étant elle aussi douée d'une grande puissance. Apparemment, c'est en associant eau et terre qu'il réussit à trouver une faille : il gela ses yeux pour l'aveugler et provoqua un mal de ventre sans nom à la créature qui l'expulsa rapidement. La bête restait vivante, sous terre, mais n'était plus une réelle menace. Chacun allait pouvoir retourner à ses occupations.

Entre temps, la sirène assoupie finit par se réveiller. Je la vois encore, suivre les mouvements du barde et entonner un chant de remerciement de sa voix mélodieuse. J'étais resté là un moment à la contempler, puis je me remis au travail. Mon nouveau navire avait besoin de réparations et c'était ce que nous pouvions faire de mieux en attendant le retour de notre Capitaine.

Récit par Drael, Combattant des Mers et ancien pilote de l'Invincible sous les ordres du Capitaine Berkam.

background/histoires/la_bataille_de_la_plage.txt · Dernière modification: 25/05/2019 10:52 (modification externe)
Haut de page
CC Attribution-Noncommercial-Share Alike 4.0 International
chimeric.de = chi`s home Valid CSS Driven by DokuWiki do yourself a favour and use a real browser - get firefox!! Recent changes RSS feed Valid XHTML 1.0